‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 375 sur 474 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les mêmes, FORMOîNT.

FORMONT, qui regardait de loin.

Bon ! l'on travaille ici !

MADAME DIRVAL, avec embarras.

Mon frère...

FORMONT

Eh bien, ma sœur!

Qu'as-tu?

MADAME DIRVAL.

Moi?

Traite-moi de môme que monsieur.

d'héricourt.

Plaît-il ?

FORMONT à sa sœur.

Quel embarras ! qu'as-tu là, je le prie?

MADAME DIRVAL.

Ce que j'ai là, mon frère ?

FORMONT

Un portrait, je parie !

\h ! voyons.

MADAME DIRVAL.

Ce n'est rien : c'est un portrait... en l'air., De fantaisie.

FORMONT

Oui, mais c'est de madame Euler^ Et je suis curieux de voir de son ouvrage.

MADAME EULER, avec une pour affectée.

Oh ! non, ne montrez pas...

FORMONT

Modeste auteur... !

d'héricourt, à part.

J'enrage.

Laisse-moi voir, ma sœur.

MADAME DIRVAL.

Mon frère... !

FORMONT

Eh bien !

MADAME DIRVAL.

Pardon ; Mais...

FORMONT

Des secrets, pour moi !

d'hÉRICOURT, à part.

Quel homme !

FORMONT prenant le portrait.

Eh ! donne donc.

madame EULER, à part.

L'y voilà.

FORMONT

Ton portrait !

MADAME EULER

, Oui, voilà le mystère.

I FORMONT

jQuoi ? tu te faisais peindre, en secret, pour ton frère ?

1 d'hÉRICOURT, à mi-voix, et avec dépit.

Précisément !

MADAME DIRVAL,

j Eh ! mais...

', FORMONT

I Que ce présent m'est cher !

Je vous rends grâce aussi, trop obligeante Euler !

MADAME EULER

J'ai suivi mon penchant.

FORMONT

Cette pauvre petite !

Je ne m'étonne pas qu'elle fût interdite...

(Finement, et regardant d'Héricourt du coin de l'ceiL)

Je suis venu trop tôt.

MADAME DIRVAL.

Mais, mon frère...

FORMONT

Eh ! ma sœur, Ceportrait-là dit tout. — N'est-il pas vrai, monsieur?

d'hÉRICOURT.

Oui... vous devez chérir ce gage de tendresse... Du moins, si c'est à vous que le portrait s'adresse.

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