‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 403 sur 474 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MADAME EULER, DIRVAL.

MADAME EULER

Vous voilà de retour, après un si long temps !

DIRVAL.

Jugez si j'ai dû, moi, trouver longs ces deux ans ! Séparé de ma femme, et d'un ami, d'un frère ! Mais j'étais prisonnier ; c'est le sort de la guerre. Au désespoir, vingt fois, j'ai pensé me livrer. Un échange à la fin vient de nous délivrer : J'en profite ; j'accours, brûlant au fond de l'âme De revoir mes amis et d'embrasser ma femme ; Et ma femme est au bal !

MADAME EULER

C'est dommage, en effet.

On l'a presque entraînée ; et, jeune comme elle est.

DIRVAL.

Il est tout naturel qu'on cherche à la distraire.

Et moi, qui la croyais là-bas, chez mon beau-frère !

MADAME EULER, à part.

Plût au ciel !

DIRVAL.

J'en arrive.

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