‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 404 sur 474 · ACTE V, SCÈNE lll · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE lll

MADAME E U L E n .

Oui?

Dans l'inslaut ; j'ai cru I Les y trouver tous deux : c'est là que j'ai couru. f

MADAME EULER

Bon!

J'arrive au Vallon, cette chère campagne : J'y trouve de Formont la fidèle compagne ; Et par elle j'apprends... jugez qui fut surpris ! Que, depuis six grands mois, ma femme est à Paris, Formont depuis vingt jours.

MADAME EULER. i

Je conçois votre peine.

DIRVAL.

J'en eus un vrai dépit : aussi, sans prendre haleine, Je repars à l'instant, j'accours, et me voici.

Soyez le bienvenu.

(a part.)

Dieu ! n'être pas ici !

DIRVAL.

Deux ans loin d'une épouse, et jeune, et tendre et belle, Quand je n'avais vécu que six mois auprès d'elle !

MADAME EULER

Ah ! nous avons compté tout cela comme vous ; Mais ce retour aussi, qu'il va nous charmer tous !

DIRVAL.

Oui, j'en juge par moi : dites-moi, je vous prie, Ma Sophie est toujours bonne, aimable, jolie ?

MADAME EULER

<iharmante.

DIRVAL.

Elle pensait souvent à son ami ?

MADAME EULER

Oh ! oui.

DIRVAL.

Loin d'elle, moi, que j'ai souffert, g§mi ! Madame, je ne sais si vous allez m'en croire. Je n'en ai pas perdu seulement la mémoire Une minute ; enfin là- bas j'étais cité : S'ils connaissaient ma femme ils m'auraient moins vanté.

MADAME EULER

<,>iie cet attachement pour l'aimable Sophie

/i ',0 LES M(»:UHS in- JOUIi.

Me louche ! elle en est digne.

. Oui. Que je vous confie

Tous mes projets sur elle, et les beaux plans que j'ai. Allez, j'emploîrai bien mes six mois de congé. Je vais mettre ma joie et mon bonheur suprême A combler tous ses vœux ; vous m'aiderez vous-môme.

Ah ! oui.

DIRVAL.

Je no veux pas la laisser respirer; Je ne veux pas qu'elle ait le temps de désirer. Dans ce que je lais, moi, je mets toute mon âme : , J'étais tout à la guerre, et suis tout à ma femme.

MADAME E U L E R

0 digne, excellent homme! et que dans leurs foyers Puissent nous revenir ainsi tous nos guerriers !

DIRVAL.

Je tombe de sommeil en attendant : je meure,

Si j'ai depuis dix jours fermé l'œil un quart d'heure î

Aussi, je l'avouerai, je suis las, harassé...

MADAME EULER

Si Sophie était là, vous seriez délassé. Allez vous reposer.

DIRVAL.

Oui ; mais j'aurais envie D'écrire auparavant un mot à ma Sophie.

MADAME EULER

En effet; j'aime assez qu'au retour de ce bal Elle trouve un billet de son ami Dirval : Cela fera très bien.

DIRVAL.

Cette pauvre petite !

Sera-t-elle surprise!

MADAME EULER

Et ravie!

DIRVAL.

Allons, vite.

(il écrit debout, à demi penché sur la table.)

« Ma Sophie, eh bien ! me voilà... »

Il est doux, n'est-ce pas, de commencer par là?

MADAME EULER

Oui.

DIRVAL.

(il écrit, et parle tout liant.)

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