‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 420 sur 474 · ACTE 1, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE II

Je ne suis pas au fait de la plaisanterie ;

Ce jeune voyageur, on veut donc, je le vol ?. . .

Oui, s'en moquer.

eusébie; Ah, ah ! s'en moquer ? et pourquoi ?

MADEMOISELLE DOLBAN.

Mais... pour nous amuser.

EUSÉBIE

Quels motifs sont les vôtres ?

Que vous a-t-il fait ?

FLORIMEL.

Rien.

M. SAINT-FIRMIN

Non, pas plus que les autres.

MADAME DOLBAN.

Avec ses questions, elle sait me charmer.

M. SAINT-FIRMIN

Votre exemple et vos soins ne peuvent la former.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Puis, les beaux sentiments... ils sont d'un ridicule !

FLORIMEL.

Çà, mon oncle, il est donc bien simple, bien crédule. Le cher Raimond ?

S'il l'est? en pouvez-vous douter, Après tous les bons tours que j'ai su vous conter ? C'est un ôlre vraiment curieux à connaître, Qui, trompé mille fois, est toujours prêt à l'être. Mais, vous en jugerez.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Moi, je le sais par cœur.

FLORIMEL.

Je vais le ballotter, ce cher petit monsieur...

M. SAINT-FIRMIN

Aussi, mes bons amis, vous connaissant avides De ces tours gais, malins, joyeusement perfidts, J'ai, sachant qu'à Paris Raimond devait aller, Voulu de son passage, au moins, vous régaler. Que vous dirai-je, enfin? j'eus cette fantaisie.

MADAME DOLBAN.

C'est une attention dont je vous remercie.

FLORIMEL.

tt nous, donc !

'io6 MALICK POUR MALICE.

MADEMOISELLE DOLBA.N.

Oui, voici qui va nous réveiller.

.Nous n'avions, en effet, plus personne à railler.

EUSÉBIE

Ce plaisir-là finit par s'user, c'est dommage.

M. SAINT-FIRMIX.

Vous aviez épuisé tout votre voisinage ;

Et la disette, enfin, allait nous obliger

A nous railler l'un l'autre ; au moins, cet étranger

Va nous fournir, lui seul, des scènes assez drôles.

MADAME DOLBAIV.

Mais, il peut arriver : répétons bien nos rôles.

FLORIMEL (mettant le doigt sur son front).

Nos rôles ? ils sont là.

MADEMOISELLE D 0 L B A ^'

D'abord, moi. Je serai Soubrette, et je crois bien que je m'en tirerai.

FLORIMEL.

Eh ! parbleu, j'en suis sûr ; te voilà dans ta sphère : Raillerie et babil.

MADEM(»ISELLE DOLBAN.

Oui ? poli comme un frère.

FLORIMEL.

Et la coquetterie ira toujours son train, Je gage ?

MADEMOISELLE DOLBAN.

Pourquoi pas ? En raillant son prochain, Il est gai de lui faire encor tourner la tête ; Et soubrette, je veux tenter cette conquête.

Courage.

MADAME DOLBAX.

Moi, j'ai pris un petit rôle, exprès, Celui de gouvernante, et ferai peu de frais : Car je suis, comme on sait, d'une délicatesse ! Un rien me rend malade.

FLORIMEL.

Eh mais, dans notre pièce.

Vous l'êtes, malade.

MADAME DOLBAN.

Oui?

FLORIMEL.

Malade, même au lit.

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