‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 421 sur 474 · ACTE 1, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE II

M. SAIXT-FIRMI.N.

Qui jouera donc ce rôle ?

FLORIMEL.

Eh ! ne l'a-t-on pas dit ?

Babel.

M. S.VINT-FIRMIN

Quoi? cette grosse ?...

FLORIMEL.

On Yoile son visage.

KUSÉBIE.

Sa voix ?...

FLORIMEL.

De la parole elle a perdu l'usage.

MADAME DOLBAN.

Il a réponse à tout.

M. SAINT-FIRMIX.

A merveille : voilà Gouvernante et soubrette : oui, mais en ce cas-là, Qui fera donc ma nièce, enfin?

MADAME D ' O L B A N (en montrant Eusébie) .

Mademoiselle :

J'espère qu'aujourd'hui, l'on peut compter sur elle.

MADEMOISELLE DOLBAN (à Eusébie).

Me ferez- vous l'honneur de me réprésenter ?

EUSÉBIE

Il vérité, je crains...

MADAME DOLBAN.

Ah ! c'est trop hésiter Les rôles sont donnés, et vous êtes ma fille.

EUSÉBIE

J'obéis.

M . s A I N T- F I R M I N (à Eusébie).

Vous étiez déjà de la famille, Trop aimable orpheline !...

Allons, point de fadeur.

MADEMi)ISELLE DOLBAN.

Au fait. •

FLORIMEL (à Eusébie).

Souvenez-vous, ô ma nouvelle sœur !

Que vous allez jouer un rôle d'amoureuse.

EUSÉBIE

Li'amoureuse ?

FLORIMEL.

Sans doute.

',oS MALICE POUK MALICE.

M. SAINT-FIRMIN

Oui, l'idée est heureuse.

MADAMK DOLBAN.

Mon fils est si plaisant !

Il faut que vous soyiez D'une tendresse !...

Ah, ah ! vous me le conseillez, Monsieur?

Je fais bien plus, vraiment, je vous en prie.

Eh ! mais, tout en suivant cette plaisanterie, Si j'allais donc aimer, tout de bon ?

M. SAINT-FIRMIN (\ivement).

Oui ? tant mieux.

FLORIMEL (d'un air suffisant).

Ma réponse à cela, je la lis dans vos yeux.

EU SÉRIE

Bon ! alors...

MADEMOISELLE DOLBAN.

Te voilà bien confiant, mon frère !

FLORIMEL.

Un peu. Je vais pourtant paraître le contraire. Oui, mon rôle est celui d'un frère altier, joloux. Ombrageux, ou plutôt, je les embrasse tous ; Car tenez, il me vient déjà mille saillies ,• Puis je vais, à mesure, inventer des folies...

M. SAINT-FIRMIN

Oh ! je m'en fie à toi. Moi, je parlerai peu. Gomme disait ma sœur : j'observerai le jeu *, De tout le monde, ici, je jugerai l'adresse ; Mais c'est le dénoûment, surtout, qui m'intéresse.

FLORIMEL.

Oui; c'est l'ami Gélon qui va nous seconder!

MADEMOISELLE DOLBAN.

Certes ! ... Il ne vient point.

Il ne saurait tarder.

M. SAINT-FIRMIN

C'est là le grand railleur.

MADAME DOLBAN.

Ah ! oui, par excellence.

ACTI'] I, SCKNE III. 4 59

Il VOUS persiftle, môme en gardant le silence.

Ce Gélon, par malheur, raille indistinctement Amis comme ennemis.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Oui, mais si joliment !

U est charmant.

M. SAINT-FIRMIN

Sans doute : il te trouve charmante!

MADAME DOLBAN.

Moi, tenez, franchement, plutôt qu'il me tourmente, J'aime encore mieux l'aider à tourmenter autrui.

M. SAINT-FIRMIN

Voilà le mot. Eh! mais...

MADEMOISELLE DOLBAN.

Oui, justement c'est lui.

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