‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 422 sur 474 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les MÊMES, GÉLOiN.

MADAME DOLBAN, ave(! empressement.

Mon jour !

FLORIMEL.

Ce cher Gélon !

GÉLON

Mesdames I...

Il arrive.

GÉLON

Raimond ?

M. SAINT-FIRMIN

Lui-môme : ici, l'on est sur le qui vive!...

MADEMOISELLE DOLBAN, à Gélon.

Vous seul ne ferez rien, et c'est fort mal.

GÉLON

Pardon :

Vous m'annoncez quelqu'un si facile, si bon! D'une ingénuité, d'une souplesse extrême, Kt qu'on pourrait nommer la crédulité môme : C'est conscience, à moi, de jouer un enfant.

FLORIMEL.

Fort bien !

Irai-je ici, d'un air vain, triomphant, Grossir contre Baimond le nombre des complices, Fatiguer son sommeil à force de malices, L'éveiller en sursaut au bruit des pistolets?... Que sais-je? en plein midi, lui fermer les volets, Pour qu'il se croie atteint d'une goutte sereine? Ou, voulant supposer qu'une attaque soudaine L'a rendu sourd, ouvrir la bouche sans parler; En sa présence encor, quoiqu'absent l'appeler. Le battre même, afin qu'il se croie invisible?. .. Tout cela, qui jadis fut plaisant et risible, Est usé, rebattu ; puis, c'est trop de moitié Contre ce bon Raimond, qui vraiment fait pitié. Tourmenter de la sorte un être aussi crédule, Plus que le patient c'est être ridicule.

M. SAINT-FIRMIN

Ainsi vous réservez vos intrigues, vos plans, Pour des occasions dignes de vos talents.

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