LES MÊMES, FLORIMEL, RAIMOND
FLORIMEL.
Bon !
RAIMOND
Eh! de quelle insolence?
Qu'a-t-il donc fait, Madame?
LUBIN
Eh ! Monsieur, j'ai...
RAIMOND
Silence.
MADAME DOLBAN.
Ce qu'il a fait? il a... je ne saurais parler.
FLORIMEL.
Ah! Dieu!
RAIMOND
Mais achevez : vous me faites trembler.
MADAME DOLBAN.
Hé bien. Monsieur, il vient, d'embrasser, ici même. Mademoiselle.
RAIMOND
Ciel!
FLORIMEL, riant sous cape.
Ah! quelle audace extrême!
(a part.)
Le bon tour!
RAIMOND
Se peut-il?
Quoi ! Marton, est-il vrai?
MADEMOISELLE DOLHAN, outrée.
Eh ! oui.
RAIMO.ND.
On'ni-je entendu?
FLORIMEL.
(A part.)
C'est aft'reux. Il est gai.
RAIMOND, à madame Dolban, à demi-voix, de manière pourtant que mademoiselle Dolban puisse l'entendre.
Lubin est si timide ! oui, d'honneur ! quand j'y pense, Il faut absolument que, par un peu d'avance, Celte fille Tait presque encouragé.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Moi, j'ai?...
Plaît-il?
MADAME DOLBAN.
Qu'appelez-vous, Monsieur, encouragé ?
Il est sûr que Marton a la mine égrillarde.
MADEMOISELLE DOLBAN, à Florimel.
C'en est trop...
LUBIN
C'est bien vrai : quand elle vous regarde...
Paix.
MADEMOISELLE DOLBAN, hors d'elle.
Voyez donc un peu comme il parle de moi !
FLORIMEL, bas à sa sœur.
Bien, courage, ma sœur.
MADEMOISELLE DOLBAN, à demi-voix.
Eh! laisse-moi donc, toi.
MADAME DOLBAN, toute déconcertée.
Là... voyez cependant où les choses en viennent!
RAIMOND, après avoir rêvé un moment, et du plus grand sérieux.
Mais... si les jeunes gens, après tout, se conviennent. On les pourrait, un jour, marier...
MADAME DOLBAN, avec un rire mêlé de dépit.
Marier ?
MADEMOISELLE DOLBAN, de même.
Nous marier !
FLORIMEL, éclatant.
Ah ! bon !