‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 441 sur 474 · LES MÊMES, FLORIMEL, RAIMOND · texte numérisé non relu

LES MÊMES, FLORIMEL, RAIMOND

FLORIMEL.

Bon !

RAIMOND

Eh! de quelle insolence?

Qu'a-t-il donc fait, Madame?

LUBIN

Eh ! Monsieur, j'ai...

RAIMOND

Silence.

MADAME DOLBAN.

Ce qu'il a fait? il a... je ne saurais parler.

FLORIMEL.

Ah! Dieu!

RAIMOND

Mais achevez : vous me faites trembler.

MADAME DOLBAN.

Hé bien. Monsieur, il vient, d'embrasser, ici même. Mademoiselle.

RAIMOND

Ciel!

FLORIMEL, riant sous cape.

Ah! quelle audace extrême!

(a part.)

Le bon tour!

RAIMOND

Se peut-il?

Quoi ! Marton, est-il vrai?

MADEMOISELLE DOLHAN, outrée.

Eh ! oui.

RAIMO.ND.

On'ni-je entendu?

FLORIMEL.

(A part.)

C'est aft'reux. Il est gai.

RAIMOND, à madame Dolban, à demi-voix, de manière pourtant que mademoiselle Dolban puisse l'entendre.

Lubin est si timide ! oui, d'honneur ! quand j'y pense, Il faut absolument que, par un peu d'avance, Celte fille Tait presque encouragé.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Moi, j'ai?...

Plaît-il?

MADAME DOLBAN.

Qu'appelez-vous, Monsieur, encouragé ?

Il est sûr que Marton a la mine égrillarde.

MADEMOISELLE DOLBAN, à Florimel.

C'en est trop...

LUBIN

C'est bien vrai : quand elle vous regarde...

Paix.

MADEMOISELLE DOLBAN, hors d'elle.

Voyez donc un peu comme il parle de moi !

FLORIMEL, bas à sa sœur.

Bien, courage, ma sœur.

MADEMOISELLE DOLBAN, à demi-voix.

Eh! laisse-moi donc, toi.

MADAME DOLBAN, toute déconcertée.

Là... voyez cependant où les choses en viennent!

RAIMOND, après avoir rêvé un moment, et du plus grand sérieux.

Mais... si les jeunes gens, après tout, se conviennent. On les pourrait, un jour, marier...

MADAME DOLBAN, avec un rire mêlé de dépit.

Marier ?

MADEMOISELLE DOLBAN, de même.

Nous marier !

FLORIMEL, éclatant.

Ah ! bon !

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