R A IM 0 N D
Oui ! tu veux, je le vois, déguiser ton accent. Afin de te soustraire à ma juste querelle.
GÉLON
Je reviens, au contraire, à ma voix naturelle. C'est un tour, je vous dis, qu'on voulait vous jouer, Cher Raimond ; et moi-môme, il le faut avouer,...
Barbare! c'est en vain...
GKLON.
Je ne suis point barbare.
Je suis un bon enfant, et je vous le déclare, Habitant d'un castel voisin, dans le vallon. Ami de la famille : on m'appelle Gélon.
RAIMOND
Quoi ! tu ne serais point Passauin-Oglou?
GÉLON
Je meure, Si je ne suis Gélon !
Eh bien! à la bonne heure :
Tu n'e.s point ce cruel, je le crois donc; mais vous, IVlonsieur, c'est une affaire à vider entre nous.
Quoi? •
RAIMOND
Vous VOUS permettez de me jouer, de rire A mes dépens ; ici, vous venez de le dire. Cette plaisanterie est fort peu de saison, Et sur l'heure. Monsieur, j'en demande raison.
GÉLON
Plaît-il ? quoi ! vous voulez, pour un enfantillage?...
5l'i MALICE POUR MALICE.
RAIMOND
Enfantillîige ou non, laissons ce verbiage, Et suivez- moi.
G KL ON (aiïoctant de sourire).
Vraiment, monsieur Raimond...
RAIMOND (avec aplomb).
Monsieur !
Quand on fait, comme vous, métier d ôLre railleur, Et pour rasswan-0(j!ou, surtout, quand on se donne, 11 faudrait savoir mieux payer de sa personne.
(Lui offrant dos pistolets.)
Il n'importe, venez, de grâce, et finissons.
Mais encore une fois. .
Il A 1 M 0 N D .
Ah ! c'est trop de façons :
Prenez, ou je vous coupe à l'instant le visage.
G ÉLON (élevant la voix).
C'est un assassinat.
Ce n'est pas mon usage.
GÉLON (criant).
Amis, à moi!...
Comment, vous appelez?
GÉLON
Parbleu !
(Criant encore.)
Mesdames ! mes amis !