‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 69 sur 474 · MADAME DE ROSELLE, M. DE PLINVILLE · texte numérisé non relu

MADAME DE ROSELLE, M. DE PLINVILLE

M. DE PLINVILLE la suit des yeux.

Heureux âge ! A seize ans on n'a point de souci ; Tout plaît.

MADAME DE ROSELLE

Mais ma cousine est pourtant jeune aussi ; 1) ou vient donc le chagrin qui chaque jour la mine ?

Quoi ! le chagrin, dis-tu ? Serait-elle chagrine ?

MADAME DE ROSELLE

Vous ne remarquez pas ? •

M. DE PLINVILLE.

Non.

MADAME DE ROSELLE

Pourtant, on voit \>ïo.n Qu'elle rêve...

M. DE PLINVILLE.

En effet ; mais bon ! cela n'est rien.

Elle a quelque regret de nous quitter, sans doule ; Et puis, elle est modeste: on sait ce qu'il en coûte... Mais dès que Morinval aura reçu sa main, Tu verras : je voudrais que ce fût dès demain.

MADAME DE ROSELLE

A propos, cet hymen, il faudra le remettre.

M. DE PLIN VILLE

Et pourquoi?

MADAME DE ROSELLE

De ma sœur je reçois une lettre ; A la noce, dit-elle, elle veut se trouver, Et dans huit jours, peut-ôtre, elle doit arriver.

M. DE PLIN VILLE

Pourquoi donc avec toi n'est-elle pas venue ?

MADAME DE ROSELLE

Elle hésitait toujours : sa lenteur est connue. Moi, je l'ai devancée.

M. DE PLINVILLE.

A ravir.

MADAME DE ROSELLE

Ce délai N'est rien : qu'est-ce, après tout, que huit jours?

M. DE PLINVILLE.

Trop heureux de revoir madame de Mirbelle ! Nous allons tous les deux disputer de plus belle. Je la connais ; aussi je vais me préparer.

MADAME DE ROSELLE, à part.

Cela nous donnera le temps de respirer.

M. DE PLINA'ILLE.

Nous ne l'attendrons pas du moins pour notre fête. Mais on vient.

MADAME DE ROSELLE

Comment donc ! ma tante est déjà prête ?

M. DE PLINVILLE.

Oh ! ma femme est toujours exacte aux rendez-vous.

Page 1