ACTE H, SCENE IV
MADAME DE ROSELLE
M'informer...
M. DE PLINVILLE.
Si Belfort est honnête?
Me préserve le ciel d'une pareille enquête ! Loin de nioi les soupçons et les certificats : Cela répugne trop à des cœurs délicats. Le charme de la vie est dans la confiance : J'en ai fait mille fois la douce expérience ; Chaque jour je l'éprouve au sujet de Belfort. Va, les honnêtes gens se connaissent d'abord. Vu certain... ou plutôt, veux-tu que je te dise? Je crois fort, et toujours ce fut là ma devise, Que les hommes sont tous, oui tous, honnêtes, bons. On dit quïl est beaucoup de méchants, de fripons; Je n'en crois rien : je veux qu'il s'en trouve peut-être Vn ou deux ; mais ils sont aisés à reconnaître. Et puis, j'aime bien mieux, je le dis sans détours, f^lre une fois trompé, que de craindre toujours.
MADAME DE RQSELLE.
Kh î qui de vous tromper pourrait être capable? Vous êtes pour cela trop bon et trop aimable. Je me sens attendrie'; il semble auprès de vous Oue je respire un air et plus calme et plus doux. Mais quelqu'un vient, je crois.
M. DE l'LIX VILLE regarde.
C'est ma chère Angélique.
MADAME DE ROSELLE
Voyez, n'est-elle pas sombre, mélancolique ?
M. DE l'L IN VILLE.
Non, ma fille toujours a l'esprit occupé : Llle pense à l'anglais, ou je suis bien trompé.
MADAME DE ROSELLE
Elle marche à pas lents.
M. DK PL IN VILLE
Oui, sa démarche esf sage.
Quelle aimable candeur brille sur son visage !
MADAME DE ROSELLE
Elle ne nous voit pas.
M. DE PLINVILLE.
Oh 1 ce bois est charmant!
Nous allons, nous venons, sans nous voir seulement.