‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 115 sur 205 · A TUB60T · texte numérisé non relu

A TUB60T

Ce %o octobre 1 776.

J'attendais pour vous écrire le départ de M. d*ADleziy mais il l'a retardé jusqu'à lundi. Je suis au milieu de mon déménagement, et obligé de m'en occuper. Je n'ai pu encore me procurer ces vers à la femme de T Enveloppe des pensées (1 ). On ne les montre pas.

Madame Geofllrin a fait demander il y a deux jours le laquais de madame Suard , le matin , avant que sa fille fût levée (a). Elle lui a dit que son état l'empêchait de voir ses amis ^ mais qu'elle les aimait toujours , qu'elle voulait savoir de leurs nouvelles. Elle est entrée dans beaucoup de détails sur de petits présents qu'elle voulait leur faire. Le laquais l'a trouvée fort défigurée et fort affaiblie; il a pleuré beaucoup , et elle aussi. Il parait qu'elle sent la tyrannie de sa fille 9 et qu'elle n'a pas la force de s'en délivrer.

Le roi de Prusse a encore écrit à M. D'Alembwt une lettre très-tendre (3), que vous verrez dans le

(1) A M™^ Necker. Voyez p. i32, note a.

(a) M™* de la Ferté-Imbault, qui, par dévotion, chassait \<^ anciens amis de sa mère. Voyez dans la correspondance de Voltaire, t. LXX, deux lettres de D'Âlembert à ce sujet : l'une p. i*)?, l'autre p. 17a. Voyez aussi la lettre suivante de Turgot.

(3) Relativement à la mort de mademoiselle de TEspiiiassc,

ENTRE TDRGOT ET CONDORCET. l6'J

journal en grande partie, en attendant que M. D'A.lembert vous la lise tout entière. Madame de la Ferté-lmbault , honteuse de la lettre qu'elle a écrite à M. D'AIembert , en a fait une autre qu'elle montre à ses amis. M. de Mau repas l'a vue en conséquence, et a dit à son beau-frère (i) que celte lettre n'était pas si ridicule qu'on le disait. M. de Nivernois a demandé l'original et le lui a montré ; M. de Maurepas l'a trouvé toutdifTérent du brouillon qu'elle lui avait fait lire, et en a jugé comme tout le monde.

Vous croyez bien que je me trouve fort malheureux d'être séparé de vous pour si longtemps.

Présentez, je vous supplie , mon respect à madame d'Enville et à toute sa famille.

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