‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 125 sur 205 · DU ROI DE ¥W]SSE (inédUe · texte numérisé non relu

DU ROI DE ¥W]SSE (inédUe

A Berlin , le 7 de janvier 1765.

Monsieur le marquis de Condorcet , je vous suis

(i) D'Alembert était Gis naturel de M*"* de Tencîn, de M.

C0BRE8P090A1IGE G^Nl^RALE. 3o3

fort oblige des ouvrages de feu D*Âlembert, que vous m'avez envoyés avec votre lettre du siS octobre de l'année dernière (i). J'en ai eu quelques essais qui ont paru dès le coaimencement C'est dommage qu'il n'ait pas traduit Tacite en entier. Mais unbomme qui était original lui-même , et qui a fourni une infinité d'ouvrages sur des matières scientifiques, ne devait pas passer sa vie à traduire ce que d'autres avaient fait. Tacite est peut-étce, de tous les auteurs de l'antiquité, celui qui était le plus propre pour être traduit par un géomètre, parce qu'il est serré, énergique et plein de force. Je ne sache d'ailleurs pas qu'aucun de nos grands géomètres ait traduit des ouvrages de l'antiquité. Newton fit un commentaire sur l'Apocalypse ; mais feu D'Alembert lui est bien supérieur par le choix qu'il a fait, car il n'y a pas de comparaison à faire des sages réflexions de Tacite aux balivernes de saint Jean. Sur ce , je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur le marquis de Condorcet, en sa sainte et digne garde. Tréb^ric.

la. DU BOI DE PRUSSE.

Potsdaaiy 6 avril 1785.

Autrefois M. D'Alembert m'a fait le plaisir de me procurer quelques bons sujets pour l'Académie des sciences. Il vient de m'en manquer deux, et vous me rendriez un véritable service, si vous pouviez m'en

touches, commissaire d'artillerie, qu'on appelait Destouches- CanoDy pour le distinguer de l'auteur du Glorieux. (1] Cette lettre manque.

3o4 GORRESPONDANCR GÉNÉRALE.

procurer. L'un, c'est M. Tbiébault, qui était grammairien et puriste (i). Je crois queTabbé Beauzée(!i) serait le plus capable de le remplacer, s'il voulait accepter la place. Les appointements pris ensemble montent à i ,-^oo risdalers , et le logement à part.

L'autre qui nous a quittés, c'est M. Prévôt qui avait le département de la philosophie et des belleslettres. Personne n'est plus capable que vous de trouver des sujets dignes de le remplacer. Cela ajouterait, s'il était possible, à l'estime que votre caractère et vos ouvrages m'ont inspirée pour votre personne.

Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

(i) Thîébault (Dieudonné] , Dé à Laroche, bailliage de Remiremont, auteur d'uo assez grand nombre d'ouvrages, la plupart très-oubliés 'aujourd'hui , et dont on peut voir la lûte dans I& Biographie universelle. Il écrivit beaucoup sur la langue française, le style, la grammaire, etc. Il avait commencé par être jésuite (sans être prêtre) et professeur au collège de Nancy. Plus tard, ayant quitté cet ordre, il fut nommé professeur de grammaire générale à récole militaire de Berlin, que fondait Frédéric II. Il passa vingt ans en Prusse , pendant lesquels il recueillit les matériaux du seul ouvrage destiné à faire survivre son nom, ses Sou^eninde Berlin, Il quitta la Prusse à la fin de 1784 » et revint se fixer en France, où il mourut en 1807 , proviseur du lycée de Versailles.

(2) Beauzée (Nicolas), successeur de Duclos à rÀcadcmie française , et de Dumarsais à V Encyclopédie , est assez connu comme traducteur et grammairien. Je ne sais où Frédéric avait pris qa il fût abbé. Il avait donné une nouvelle édition des Synonymet^ét l'abbé Girard ; de là peut-être l'erreur du roi de Prusse. Il mourut en 1789.

G(>RAESPONDàNCE GiffiSikhK. 3o5

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