‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 130 sur 205 · AU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

AU ROI DE PRUSSE

(1785.J Sire,

Un capitaine d'artillerie, nommé M. de Saint- Remy , a proposé un prix de 600 livres pour un éloge de M. D'Alembert au jugement de l'Académie française. Quelques-uns de ses amis se sont réunis i|vec M. deSaint-Remy pour faire frapper la médaille. Il n'en existe qu'une encore, et j'ai cru devoir en faire hommage à Votre Majesté.

L'Académie française n'a reçu aucun discours, et elle est obligée de remettre le prix à une autre année. J'en ai été affligé, non pour la gloire de M. D'Alembert , mais pour notre littérature. La plupart de ceux qui travaillent ordinairement pour ces prix avaient des obligations de plus d'un genre à M. D'Alembert,

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e( leur silence les expose au reproche d'ingralitudci à moins qu'ils ne permettent de le regarder comme UD aveu de leur ignorance. Cette ignorance est la plaie secrète de notre littérature et de noti*e philosophie. On fait des ph rases , parce qu'on n'a point d'idées; on écrit d'un style extraordinaire, parce qu'on n'a que des choses communes à dire, et on débite des paradoxes , faute de pouvoir trouver des vérités qui ne soient pas triviales. Je suis avec le plus profond respect, etc.

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