DU ROI DE PRUSSE
PotsdaiD, 9 août 1785.
lai reçu la médaille de M. D'Àlembert que vous avez eu la bonté de m'envoyer. J'aurais voulu qu'on lui eût laissé sa perruque, comme il la portait d'ordinaire, parce que rien ne contribue plus à la ressemblance que de graver les hommes dans l'ajustement où on était accoutumé de les voir. Il est singulier que M. de Saint-Remy ait fondé un prix pour les médailles des philosophes, et que beaucoup de gens de lettres qui avaient des obligations à M. D'AIembert se soient dispensés d'en faire Téloge. Rien de plus rare dans le monde que la reconnaissance : toutefois la mémoire de M. D'Âlembert n'y perd pas grand'chose, et il vaut mieux n'être point loué que de l'être mal. Les beaux jours de la littérature sont passés, il n'y a que des trônes vacants et pas de postulants dignes de s'y placer. Vous qui avez été l'élève du grand homme que nous regrettons , vous seul pouvez lui succéder. Sur ce, etc., etc.
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