DU ROI DE PRUSSE
Potsdani, 12 décembre 1785.
Je vous suis infiniment obligé des Éloges acadé' miques que vous venez de m'envoyer (12). Je suis
(i) Sur la santé de Frédéric.
(a) Les Éloges des savants morts en 178a; c'était le second envoi de ce genre. Voyes la lettre précédente.
3i8 coRRESPonDiircE générale.
de votre avis, que Vkge affaiblit aussi bien le style des prosateurs que la verve des poètes, et qu^il faut dire avec Boileau à tous les hommes de lettres âgés :
Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant. De peur que tout à coup efflanqué , sans haleine , Il ne jette , en tombant , son maître sur Tarène.
Je compte toujours que vous voudrez bien vous donner la peine de me procurer un certain H. Lévesque (i) , dont j'ai entendu dire beaucoup de bien, pour remplir la place de professeur de philosophie dont mon académie a si grand besoin. Je suis sensible à la part que vous prenez à ma santé. A mon âge (a), il faut toujours avoir un pied dans rétrier, pour être prêt à partir quand le quart d'heure de Rabelais sonne.
Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.