‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 151 sur 205 · Chapitre 1^. De l'esprit du législateur. — Chapitre II. CuDtinua · texte numérisé non relu

Chapitre 1^. De l'esprit du législateur. — Chapitre II. CuDtinua

tioD du même sujet.

Je n'entends pas ce premier chapitre.

L'esprit d'un législateur doit être la justice, Tob* servation du droit naturel dans tout ce qui est proprement loi. Dans les règlements sur la forme des jugements ou des décisions particulières, il doit chercher la meilleure méthode derendre ces décisions conformes à la loi et à la vérité ; ce n'est point par esprit de modération , mais par esprit de justice, que les lois criminellesdoivent être douces, que les lois civiles doivent tendre à l'égalité, et lesloisd'administration au maintien de la liberté et de la propriété.

Les deux exemples cités sont mal choisis. La simplicité des formes n'est pas contraire à la sûreté, soit de la personne, soit des biens, pour le maintien de laquelle les formes sont établies. Montesquieu semble le croire ; mais il ne le prouve nulle part; et les injustices causées par les formes compliquées rendent Fopinion contraire au moins vraisemblable.

Le second exemple est ridicule. Qu'importe à la science de composer les lois que Cécilius ou \ulu- Gelle aient dit une sottise ?

Par esprit de modération, Montesquieu ii'entendrait-il pas cet esprit d'incertitude qui altère par cent petits motifs particuliers les principes invariables de la justice? (Voyez le chapitre i8.)

Chapitre III. Que les lois qui paraissent s'éloigner des Tues du législateur y sont souvent conformes.

Le premier devoir d'un législateur est d'être juste et raisonnable. Il est injuste de punir un homme pour n'avoir pas pris un parti, puisqu'il peut ou ignorer quel est le parti le plus juste , ou les croire tous deux coupables. Il est contre la raison de prononcer la peine d'infamie par une loi : l'opinion seule peut décerner cette peine. Si la loi est d'accord avec l'opinion, la loi est inutile; et elle devient ridicule, si elle est contraire à l'opinion.

Montesquieu ne se trompe-t-il pas sur l'intention de Solon ? Il semble qu'elle était plutôt d'obliger le gros de la nation à prendre parti dans les querelles

SUR LE XXIX^ LIVRE DE l'eSPRIT DES LOIS. 365

entre un tyran , un sénat oppresseur, des magistrats iniques, et les défenseurs de la liberté, afin d'assurer à ceux-ci Fappui des citoyens bien intentionnés, mais que la crainte aurait empêchés de se déclarer. C'était un moyen de changer en guerre civile toute insurrection particulière ; mais ce motif était conforme à Tesprit des républiques grecques.

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