Chapitre XIV. Qu'il ne faut pas séparer les lois àes circoDstanees
dans lesquelles elles ont été faites.
J'avouerai qu'il m'est encore impossible d'apercévoir la moindre liaison entre le titre de ce chapitre et le premier article. On voit clairement que Montesquieu avait rassemblé une foule de notes sur les lois de tous les peuples , et que , pour faire son ouvrage, il les a rangées sous difTérents titres. Voila toute celte méthode dont on lui a fait tant d'honneur, et qui n'existe que dansja tête de ceux qui refont son livre d'après leurs idées.
SUR LE XXIX^ LIVRE DB l'jBSPRIT DES LOIS. ^73
De ce qu'un médecin , qui ne réussit pas dans le traitement d'un malade qui lui a donné sa confiance librement , n'appartient à aucun corps ^ il ne s'ensuit pas qu'on doive le punir ; et qu'au contraire il ne mérite aucune punition , lorsque, ayant un privilège exclusif de me traiter, il m'a empéclié, en vertu de son privilège, de m'adresser à un autre qui m'aurait guéri.
Est-ce qu'en France les chirurgiens et les apothicaires ne sont pas interdits ou condamnés à des dommages, lorsqu'ils se rendent coupables d'impéritie? Si on ne punit pas les médecins, c'est qu'il serait très-rare de pouvoir les convaincre d'avoir eu tort; au lieu que la preuve contre les chirurgiens et les apothicaires est souvent très-facile (i).