‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 191 sur 205 · D£ L\ SCIENCE, ETC · texte numérisé non relu

D£ L\ SCIENCE, ETC

La théorie des valeurs moyennes doit être considérée comme un préliminaire de la mathématique sociale ; car elle n'est pas bornée à cette application particulière en calcul.

Dans toutes les sciences physico-mathématiques, il est paiement utile d'avoir des valeurs moyennes des observations ou du résultat d'expériences.

Ainsi y la science dont nous traitons ici doit naturellement être précédée par cinq théories mathématiques, qui peuvent être développées indépendamment de toute application :

La théorie des grandeurs susceptibles d'accroissements proportionnels au temps, qui renferme celle des intérêts de l'aident;

La théorie des combinaisons ;

Celle de la méthode de déduire des Faits observés, soit les faits généraux, soit les lois plus générales encore ;

La théorie du calcul des probabilités;

Enfin , celle des valeurs moyennes.

Dans celte science , comme dans toutes les autres applications du calcul, si des connaissances profondes en mathématiques sont nécessaires pour résoudre certaines questions, pour établir même certaines théories, pour y faire des pas nouveaux, les connaissances élémentaires suffisent pour entendre la solution au moins de la plupart de ces questions, comprendre ces théories, en déduire les applications les plus immédiates à la pratique.

La science ne peut faire de progrès qu'autant qu'elle sera cultivée par des géomètres qui auront

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approfondi les sciences sociales; mais elle peut deveqir, quant à soi;! utilité pratique, une connaissance presque géuérale parmi tous ceux qui voudront s'éclairer sur les objets importants qu'elle embrasse.

Il est possible de la traiter d'une manière simple, élémentaire, de la mettre à portée de tous ceux à qui ni les premières théories mathématiques, ni Vhabi* tude du calcul ne sont pas étrangères.

Il a fallu toute la sagacité , tout le génie de plusieurs grands géomètres pour donner une théorie de la lune , d'après laquelle on pût former des tables d'un usage sûr. Mais la formation de ces mêmes tables , mais leur application à la détermination des longitudes, n'exigent que des connaissances élémentaires.

Ce n'est donc pas d'une science occulte , dont le secret soit renfermé entre quelques adeptes , qu'il s'agit ici ; c'est d'une science usuelle et commune ; c'est à la fois» et d'accélérer les progrès d'une ihéorie dont dépendent ceux des sciences les plus importantes au bonheur public, et de répandre sur plusieurs parties de ces mêmes sciences, des lumières d'une utilité générale et pratique.

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