DE LA SCIENCK, ETC
comme elle n'est pas [a seule marche qu'on puisse suivre, comme la réduction d'une suite un peu étendue de raisonnements à la Forme syllogistîque, serait longue ou difficile, il serait utile d'appliquer la théorie des combinaisons, soit à d'autres méthodes, soit aux moyens de Faciliter ou de simplifier cette rédudioD.
Le calcul des probabilités nous appi*end à connaître , à mesurer la véritable force des motifs de crédibilitéy depuis l'adhésion que nous donnons aux vérités démontrées par le calcul ou le raisonnement rigoureux, jusqu'à l'opinion qui se forme d'après des témoignages; il nous enseigne à évaluer ceux qui peuvent résulter, soit de la liaison naturelle des faits entre eux, pour la vérité d'un fait qui n'a pu être immédiatement observé , soit de leur ordre en faveur de l'existence d'une intention de les produire. Le même calcul apprendra également à estimer les motifs de crédibilité de même genre, ou d'une nature diverse, qui peuvent se combiner ou se combattre relativement à une même proposition : comme, par exemple, lorsqu'un fait improbable en lui-même est cependant appuyé sur des témoignages imposants.
L'application du calcul à ces dernières questions, aura l'avantage de porter le jour de la raison sur des objets trop longtemps abandonnés aux influences séductrices de l'imagination, de l'intérêt ou des passions.
Au Keu de céder machinalement à la force de cerlaiiies impressions , on saura la calculer et lappré-
556 TABLEAU G^ÉRAL
cier. Cesi par ce seul moyen que Ton peut à la fois porter les derniers coups à la superstition comme au pyrrhonisme y à l'exagération de la crédulité comme à celle du doute.
Cest alors qu'on verra comment et pourquoi la force du sentiment qui nous porte à croire, s'afTaiblit à mesui*e que les motifs de crédibilité sont appréciés avec plus d'exactitude; et, par conséquent, pourquoi une sorte de défiance accompagne si constamment les grandes lumières y tandis qu'une conviction intrépide est le partage de l'ignorance. > Cest enfin par là qu'on reconnaîtra la véritable différence entre les jugements de l'instinct , qui dirigent impérieusement nos actions habituelles, et ces résultats de la raison y qui nous déterminent dans les actions importantes , ou qui fixent nos opinions spéculatives.
Il faut ensuite fixer les limites de la probabilité « d'après laquelle, suivant la nature de la question, on peut diriger sa conduite, et voir comment, suivant la différence des effets résultant d'une action ou de l'action contraire, on doit ne se déterminer pour un tel parti que sur des preuves, pour tel autre, d'après le plus léger degré de la probabilité.
On doit compter aussi, parmi ces applications aus opérations deTesprit^ les moyens techniques ou même mécaniques, d'exécuter des opérations intellectuelles: tel est l'art de former, soit des tableaux historiques, chronologiques ou scientifiques, soit des tables, soit des registres; tel est celui de former ou de deviner les chifftes; telles sont les machines arîth^1étique^;
DE LA SCI>:NCEy KTC 557
lelles seraient celles qu on emploierait pour trouver plus aisément le résultat d'un scrutin très-nombreux. Si on passe ensuite aux opérations de l'esprit , exécutées à la fois par plusieurs hommes, après en avoir analysé la marclie, la théorie des combinaisons peut s'appliquer à la forme, et le calcul, à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix, à l'examen des avantages et des inconvénients des divers modes d'élire « à la probabilité qui en résulte pour la bonté du choix.
La se présente la distinction des décisions où l'on peut se contenter d'une simple pluralité , et de celles où l'on doit en exiger une plus forte, où, si elle n'est pas atteinte, il faut, ou invoquer une autre déci* sion, ou la remettre, ou enfin se conduire d'après le vœu de la minorité , parce que l'opinion de la majorité est du nombre de celles qu'il ne faut pas suivre, tant qu'elles restent au-dessous d'un certain degré de probabilité.
De même , dans les élections , on distingue celles qui expriment le vœu de préférence de la majorité; celles qui n'expriment qu'un jugement en faveur de la capacité absolue des sujets préférés; celles où l'on donne à la fois à quelques égards un vœu relatif, à d'autres un vœu absolu.
On sent combien l'inégalité des esprits qui concourent à ces opérations, les difTérences nécessaires , suivant certaines circonstances, dans la probabilité des diverses décisions données par un même individu; combien la mauvaise foi qu'on peut quelquefois soupçonner, peuvent mêler à des questions
simples en eiles-mémès^ des considérations esseii> lielles , mais difficiles à soumettre au calcul. On sent enfin qu'il faut trouver le moyen de connaître par des observations, la probabilité d'un jugement d*un seul, ou du moins les limites plus ou moins étroites entre lesquelles on peut renfermer celte probabilité.
Telle est l'esquisse très-imparfaite des deux premières parties de la mathématique sociale.
La théorie des valeurs et des prix qui en expriment les rapports, en les réduisant à une mesure commune, doit servir de base à cette partie delà mathématique sociale (\\\\ a les choses pour objet.
Sans cela, le calcul ne pouvant s'appliquer qu'aux choses d'une même nature, n'aurait que des applications très-bornées et d'une faible utilité.
Tout ce qui sert aux besoins d'un individu, tout ce qui est à ses yeux de quelque utilité , tout ce qui lui procure un plaisir quelconque ou lui évite une peine ^ a pour lui une valeur dont l'importance de ce besoin, le degré de cette utilité, l'intensité dé ce plaisir ou de cette peine, sont la mesure naturelle.
Comme tous les hommes qui habitent un même pays, ont à peu près les mêmes besoins, qu'ih ont aussi en général les mêmes goûts, les mêmes idées d'utilité, ce qui a une valeuripoxxT l'un d'eux en a généralement pour tous.
Si un homme qui , ayant besoin de blé , peut disposer d'une certaine quantité de vin , en i*encontre un autre qui a besoin de vin , et dispose d'une cer-
DK LA SCIKNCE, ETC. 55g
taine quanlitéde blé, alors il se fait entre eux un échange , et l'un donne à Tautre deux mesures de blé^ par exemple, pour une mesure de vin.
On peut dire d'abord que ces deux valeurs sont égales dans ce sens, que ces deux mesures de blé ont y pour Tun de ces hommes, la même valeur qu'une mesure de vin pour l'autre.
De plus , si , dans un même lieu , un pareil échange se fait entre un certain nombre d'individus, suivant un tel rapport, ces valeurs sont encore égales, dans ce sens que chacun peut à son gré avoir deux mesures de blé pour une mesure de vin , ou réciproquement.
Voilà donc un rapport de valeur établi entre des quantités déterminées de blé et de vin; et l'on peut dire, vingt-cinq mesures de vin en valent cinquante de blé, et en conclure que celui qui a cinquante mesures de vin, oelui qui a vingt-cinq mesures de vin et cinquante de blé, et celui qui a cent mesures de blé , possèdent des valeurs égales.
Si, dans ces échanges, une même chose est généralement échangée contre toutes les autres, comme , par exemple, si des peuples sauvages échangent des peaux de bêtes contre les denrées dont ils ont besoin, alors cette chose sert de mesure commune aux valeurs, et on l'en appelle le prix. Ainsi le prix d'un couteau, d'une hache, sera pour ces peuples tant de peaux de bêtes; et dès lors, quand on connaît le prix de deux choses , on connaît aussi leur rapport de valeurs, et on peut faire entrer les valeurs de toutes les choses dans un même calcul , et en tirer
56o TABLEAU GÉNÉRAL
des résullats communs pour toutes ces valeurs, en calculant seulement les unités de la chose qui est devenue leur mesure commune.
Mais il faut pour cela , ou choisir pour méthode des choses semblables qui puissent être comptées, ou une seule chose dont Ton puisse avoir constamment des quantités déterminées. 11 faut de plus pouvoir supposer que ces choses semblables sont égales entre elles, que cette chose se retrouve toujours la même.
En effet, on se serait aperçu bientôt que, si un couteau vaut deux peaux, et qu'une hache en vaille vingt, on ne peut en conclure qu'une hache vaut dix couteaux, si ces peaux, qui servent de mesure commune, ne sont pas supposées i%ales entre elles.
11 peut arriver, comme dans cet exemple, que la chose prise pour mesure commune ne soit pas sus* ceptible de cette constance; et, dans ce cas, on a imaginé de prendre pour unité une de ces choses dans rétat de grandeur, de bonté, où elles se présentent le plus souvent dans les échanges réels. Ainsi, par exemple, la mesure commune sera une peau de castor à peu près de telle grandeur, un mouton à peu près de tel âge et de telle taille. C'est une espèce de valeur moyenne qui se forme naturellement, parce qu'on en sent le besoin. De là même on est parvenu à une espèce d'unité abstraite dont on a conservé le nom , même lorsqu'on est convenu de l'attacher à une chose d'une nature toute différente.
D'autres peuples ont imaginé de prendre pour mesure commune des coquillages qui ne peuvent être employés à aucun autre usage, mais qui acqiiiè-
DE LA SCIENCE y ETC. 56 1 ^
rent aussi uue valeur réelle , parce qu'ils deviennent alors utiles pour faciliter les échanges.
Enfin, dans un état de société plus avancé, on a pris des métaux susceptibles de divisions exactes , homogènes, se trouvant partout les mêmes, le restant en tout temps, ayant une valeur réelle, puisqu'ils servent à d'autres usages, et en prenant une plus grande, à raison de la nouvelle utilité qu'ils acquièrent , lorsqu'on les emploie comme mesure commune des échanges.
Mais si cette mesure comamne est de la même nature dans divers pays et dans divers temps , quels résultats réels peut-on tirer des rapports de valeurs que la connaissance des prix peut faire connaître ?
Si, par exemple, je sais que l'on a dans la Chine un quintal ou seize cents onces de riz pour une once d'argent, et que l'on aurait, en Europe, deux onces d'argent pour la même quantité de riz , j'en puis conclure qu'un tel poids de riz vaut seize cents fois moins en Chine, et seulement huit cents fois moins eu France, qu'un égal poids d'argent.
J'en tire ensuite la conséquence pratique qu'il y a da profit à envoyer de l'aigent en Chine, pour en faire venir du riz.
De même, si on avait à Athènes une certaine mesure de farine pour une once d'argent, et que la ménae mesure en coûtât deux en France aujourd'hui, on pourrait en conclure que le rapport de valeur de poids égaux de farine et d'argent a doublé depuis celle époquCw
Mais c'est là que ces conséquences s'arrêtent, et
56a TABLEAU GiSirÉRAL
ces rapporis n'apprennent rien sur la masse des besoins qu'on satisfait avec cette quantité de riz ou de farine et sur le prix que, suivant les différents pays et à différentes époques j on attache aux jouissances qui peuvent résulter de la possession de lelle ou telle chose*
Il faut porter plus loin ces observations, si Ton veut pénétrer jusqu'à des conséquences plus éloignées.
Et, avant d'y pénétrer, il faut connaître quelle influence les divers systèmes monétaires, soit métalliques, soit représentatifs, ont sur les prix, et calculer les effets de la différence de ces systèmes sur le commerce qu'ont entre eux les pays qui en ont adopté de différents; c'est-à-dire connaître la théorie des monnaies, des changes et des banques.
il faut aussi apprendre à reconnaître ou à former, à distinguer le prix individuel d'une chose qa'oa achète actuellement , le prix commun de cette mène chose , dans le même lieu et à la même époque, son prix ordinaire, son prix moyen, soit pour divers pays, soit pour un certain nombre d'années. U faut voir ensuite comment ce qu'il en coûte pour produire une telle chose influe sur le prix qu'elle doit avoir à chaque époque, dans chaque pays, soit dans le cas où l'on peut regarder la prodisction de cette chose comme bornée dans de certaines Kmites : tels sont les fruits de la terre, les animaux, les piquetions naturelles, dont la masse reste en, deçà des besoins; soit dans le cas où cette production pent être regar» dée comme ayant une étendue indéfinie : tels sont
DE LA SGIElfCE, £TC. 563
certains produits des arts, les dentelles, les estampes , par exemple.
Après avoir appris à ne point confondre ces diverses espèces de prix d'une même chose, après s'être prémuni contre cette confusion d^idées qui natt de l'inexactitude du langage, on verra qu'au delà de cette mesure usuelle et reconnue , et dans laquelle se place Tunité de mesure pour toutes les valeurs d'où nait la possibilité de les soumettre au calcul, on pourra placer une mesure naturelle moins susceptible de variations fréquentes, et indiquer des rappoitsplus constants et plus importants pour Tordre général des sociétés.
Telle serait, par exemple, la quantité de la nourriture la plus générale et la plus commune, qui suffit pour un jour à un Homme fait, d'une constitution et d'une taille ordinaires. Tel serait le prix commun de la journée d'un homme qui n'a point d'industrie particulière, ou bien la valeur de la dépense annuelle d'un homme sain, borné au plus simple nécessaire.
Ges connaissances préliminaires étant établies, on est naturellement conduit aux moyens d'évaluer avec exactitude la richesse d'une nation , les progrès ou le décroissement de cette richesse.
La reproduction annuelle en est l'unique source dans chaque nation isolée : si la consommation surpasse cette reproduction, la richesse diminue, et avec elle le bien-être et la population. Si, au contraire, la reproduction surpasse la consommation, la richesse augmente, et Ton a un superflu qui produit plus de bien-être pour ceux qui existent, par
conséquent plus de moyens de conservation pour les enfants, ce qui conduit à un accroissement dépopulation.
Une portion de la .reproduction annuelle est nécessairement employée à s'assurer une reproduction égale pour Tannée suivante; le reste forme ce qu'on appelle le produit net.
Ce produit net est ce qu'on nomme aussi produit disponible j parce qu'il peut être employé à volonté, sans altérer la reproduction. Une partie en est consommée ; le reste peut devenir un accroissement de richesse.
On voit donc naître trois classes d'hommes : ceux qui, travaillant à la culture de la terre, produisent plus qu'ils ne consomment ; ceux qui , employant ces productions premières pour en tirer les produits d'un art quelconque, ne font qu'en changer la forme, et rendent à la masse une valeur égaie à celle qu'ils ont consommée; enfin les simples consommateurs, qui détruisent et ne produisent point.
On peut même compter une quatrième et une einquième classe : d'abord celle des commerçants, qui se chargent de conserver, de transporter les productions de la terre ou les produits du travail, et qui les vendent avec l'accroissement d'une valeur égale à celle du travail employé, ou des valeurs consommées pour procurer cette conservation , pour faire ce transport ; et ensuite la classe des hommes qui, même sans aucun travail , peuvent par leur volonté conserver, ou même augmenter la valeur d'une portion de ce qui, étant disponible dans leurs mains,
DE LA SClENCKy ETC. 565
aurait pu être consommé par eux. Par exemple , uu homme riche consomme 10,000 livres par an à s'habiller avec luxe, à se nourrir avec délicatesse ou avec recherche, etc.; et cette somme de valeurs peut être regardée comme détruite inutilement, quoiqu'elle ait servi à faire subsister les hommes employés par lui, et à maintenir l'industrie. Un autre dépense cette même somme à se procurer des tableaux , des estampes , des livres : alors cette valeur est conservée; il a fait également subsister des hom« mes , mais en les employant d'une manière plus utile. Un troisième enfin la dépense à dessécher un marais, défricher une terre, et il en nait une augmentation de valeurs, une reproduction nouvelle.
Or, il est aisé de voir quels résultats différents, et pour la richesse nationale, et pour la prospérité publique, peuvent nattrede ces divers emplois de valeurs également disponibles, et comment, suivant la direction donnée par l'opinion commune aux mœurs des hommes, à qui la disposition en est remise, l'état de la société peut s'améliorer, se soutenir ou se détériorer.
De cette formation, de cette distribution, de cet emploi des richesses , naissent enti*e les hommes des relations sociales qui nécessitent une foule d'opérations diverses, dont le but est la circulation des valeurs, et dans lesquelles on emploie nécessairement le calcul. C'est donc ici que Ton doit placer l'application du calcul aux opérations de commerce et de banque.
Tous les calculs appliqués aux théories dont nous venons d'indiquer l'objet, aux faits généraux que
566 TABLEAU OXNBRAL
nous venons d'exposer, se compliquent naturellement par la n^ssilé d'y faire entrer, comme élément, l'intérêt des capitaux qui fournissent les avances indispensables dans les opérations relatives à la production des valeurs, à leur chaDgement de formes, à leur transmission.
De là toute la théorie du commerce, où il fant soigneusement distinguer, dans le profit, l'intérêt réel du capital avancé, le salaire des soins du n^ociant, et le pris du risque auquel il s'expose, depuis la perle qui peut résulter de ce qu'une denrée gardée longtemps aura perdu de sa valeur, jusqu'à celle qui peut naître d'un naufrage dans une exftéditioo lointaine, d^uis le petit calcul d'assurance que chaque commerçant pourrait faire pour lui-même, jusqu'à celui des assurances maritimes, prises dau leur plus grande Lleiidue. La lliéoiie gent'rjlc d«t assurances de valeurs quelconques, souk quel>(<ir forme que ces opér.itions se préseotfnt, vient tL-i iv rallier au système gt^iiérai de la science.
C'est alors que, coniifîissant toutes les t influent sur la formation des prix, tous lei^ qui doivent y entier , il deviendra ser les phénomènes que présentent J d'en reconnaître les lois, et de lir| valions, des conséquences v
On doit s'occufier ensuite i tatsdu commerce oiiie let formation de sa vérimble btj faut pas confondre »vi que les métaux •*•
D£ LA SCIEHCE, ETC-
on vena ce que cette dernière balauoe, la «eulf s>n laquelle ou ait recueilli des faits, peut réellonent exprimer, et quelles erreurs out commises la plupv: de ceux qui se sont occupés de cet objet.
Ici la principale utilité de l'application du caini' sera de montrer que l'on a trop souvent adi^t. comme des vérités absolues et précises, plisi^ar» principes qui, susceptibles d'exceptions, el m&me de modi6f:ations> ne sont vrais qu'en général . et d: conduiraient même pas à des résultais suBJstwrT approchés ; car presque toujours on a raisooiK- ^ ces objets à peu près comme si , dans le calcul > <n~ grande machine hydraulique, on se bornait n ù «irpie application des principes généraux de ù u*^.~- I encore de faire v<Mr que sop»rf .
568 TABLEAU G£ff£RAL
les établissements utiles à tous , exigent des dépeii* ses auxquelles on ne peut subvenir que par des impôts.
Ces impôts 9 ou sont, à peu près, les mêmes chaque année durant un long espace de temps, ou ils n'ont lieu que pour une ou quelques années, à des époques non r^ulières, déterminées par les conjonctures.
Sur quelle partie de la reproduction annuelle les impôts constants sont -ils nécessairement payés? Comment, suivant leur nature et leur mode, se distribuent-ils entre les diverses portions de cette partie du produit annuel ?
Considérant ensuite la somme plus ou moins forte à laquelle ils montent chaque année , les objets qu'ils aflectent directement, le mode suivant lequel ils sont tarifés ou répartis, les sommes employées pour les lever , les lois de rigueur nécessaires pour en assurer le recouvrement, on se demandera quels effets ces diverses causes doivent produire sur la richesse nationale, sur sa distribution , sur son accroissement ou sa conservation , et de quelle manière ces mêmes causes agissent sur la culture, Findustrie ou le commerce, sur le taux de Tintérét.
Le simple raisonnement suffit pour répondre à toutes ces questions; mais le calcul doit donner plus de précision à ces réponses. Il apprend à balancer ceux de ces effets qui peuvent se contredire.
On doit examiner séparément les effets des impôts qui n'ont qu'une durée momentanée. En effet, il est évident que le système lotal de la richesse nationale