‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 2 sur 205 · VJ BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

VJ BIOGRAPHIE

attention de mes auditeurs. Tout me d^uit de beaucoup retrancher, même aprèti \e$ nombreuses coupures que les exigences d'une lecture pubKque m'avaient impérieusement commaiidées; mais j'ai considéré que ma mission a quelque chose d'inusité, de plus solennel que de coutume : à vrai dire, je vais procéder à la réhabilitation d'un confrère, sous le rapport scientifique, littéraire, philosophique et politi* que. Tout calcul d'amour-propre qui m'^carterait de ce but, serait évidemment indigne de l'assemblée devant laquelle je parle et de moi.

Enfance et jeunesse de Condorcet. Ses études , son caractère, ses travaux mathématiques.

Jeanryintoine'Nicolas Caaitat de Condorcet, ancien secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, naquît le 17 septembre 174^, en Picardie^ dans la petite ville de Ribemont^ qui déjà avait donné à l'Académie l'ingénieur Blondel , à jamais célèbre par la construction, de la porte Saint-Denis. Le père de Condorcet, M. Garitat, capitaine de cavalerie, originaire du Daupbiné, était le frère cadet du prélat

DK GONPOaCfiT. Vij

quon vit successivement, à partir de 174^9 évéque de Gap^ d'Aui^erre et de Liftieux. Il avait aussi d'étroites liaisons de parenté avec le cardinal de Bérnis et le faineux archevêque de Vienne, M. d'Yse de Saléon, celui-là même qui, encore évèque de Rhodes, fit tant parler de lui pendant le concile d'Ëmbrua, à cause de son très* vif attachement pour les jésuites.

Condorcet atteignait à peine sa quatrième aanée, quand il perdit son père. La veuve du capitaine Caritat, M"* de Gaudry, était d'une dévotion très-ardente. Elle imagina qu'uu moyen iofaillible de soustraire son fils uniqqé aux premiers dangers de l'enfance, serait de le vouer à la Vierge et au blanc. Condorcet porta donc durant huit années le costume de jeune fille. Cette circonstance bizarre, en lui interdisant les plus efficaces des exercices gymastiques, nuisit beaucoup au développement de sa force physique; elle Tempêcha aussi de suivre les cours publics , où des écoliers n'ensseut pas manqué de prendre le camarade en jupes pour point de mire habituel de leurs espiègleries.

Quand la onzième année fut venue, Tévèque de Lisieux confia son jeune neveu aux soins

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