A CONDOBCET (i
4 janvier 1773.
Je suppose. Monsieur, qu'une lettre de la rue Saint-Roch et du bureau de la Gazette est de vous , du moins je le présume par le style ; car il y a bien des écritures qui se ressemblent , et personne ne signe. Vous devriez mettre un C, ou tel autre signe qu'il vous plaira , pour éviter les méprises.
Voici un petit paquet de ces marrons que Bertrand a commandés à Raton. S'ils ne valent rien , il n*y a qu'à les rejeter dans le feu d'où Raton les a tirés. Vous êtes obéi sur les autres points. Il s'est trouvé un honnête homme, nommé l'abbé Masan (2), qui rend aux assassins du chevalier d'ÉtalIonde, et du chevalier de La Barre, la justice qui leur est due, dans des notes assez curieuses de l'édition qu'on fait à Francfort d'une tragédie nouvelle. Cest dommage que cet abbé Masan , cousin germain de l'abbé Bazin , n'ait pas su l'anecdote du sieur de Menneville de Beldat; mais ce qui est difTéré n'est pas perdu. L'ouvrage d'Helvétius (3) est celui d'un bon enfant qui court à tort et à travers sans savoir où ; mais la
(1) Voltaire, t. LXVII, page 95.
(a) Ce n*est pas sous le nom de Masan , nmis sous celui de Morza, que Voltaire donna les notes sur sa tragédie des Lois de Minos , tome IX. B.
(3) De V homme et de son éducation ^ ouvrage posthume , 177a , a vol. in- S**. B.
persécutioD contre lui a ëlé une des injustices les plus absurdes que j'aie jamais ^ues. Il y a un M. de Belguai, ou de Belleguerre, ou Belleguier (i), qui a composé pour le prix de Tuniversité selon vos vues : c'est un ancien avocat retiré. J'ai lu quelque chose de son discours : cela est si terrible et si vrai , que feo crains la publication.
Soyez sûr. Monsieur, que je ne mérite point du tout l'honneur qu'on m'a fait de me mettre au-dessus de Sophocle au physique: c'est une mauvaise plaisaDterie qu'on a faite mal à propos sur une très*belle demoiselle, qui n'est pas assez sotte pour s'adresser à moi (a).
Mille respects.