A CONDORCET
23 mai 1773.
Vous éles un vrai philosophe, Monsieur, c'est-àdire un vrai sage, et vous rendez la philosophie bien aimable par les grâces de votre esprit. Il ne faut que deux hommes comme vous et M. D'Alembert pour conserver le dépôt du feu sacré que tant d'hypocriles veulent éteindre; et, Dieu merci! vousatez dans Paris un très-grand nombre d'honnêtes gens qui vous secondent. Ainsi, Monsieur, ne vous découragez jamais. Quand la raison a mis une fois le pied dans un pays, on peut la persécuter, on peut la faire taire pour quelque temps; mais on ne peut la chasser. Vous serez toujours à la tète des sages. C'est la plus belle place du monde à mon gré.
Je fais bien plus de cas des secrétaires que des fondateurs. Je me tais pour le présent sur le reste.
(ij Personnage des Lois de Minos,
ENTRE VOLTAIBJE £T CONDORCET. I7
Je m'eo rapporte i M. D'Alembert comme à vous. Il y a (dans le monde des gens plus dangereux que les comèies.
Comptez sur mon dévouement enlier, Moniteur, pour le peu de ieaips qui me reste à vivre.