‹ Œuvres de Condorcet (volume 4)Chapitre 111 sur 117 · XII · texte numérisé non relu

XII

(jn^ AUX CITOYKNS FRANÇAIS,

ciations et des partis. Voyez, surtout, quel est celui qui vous offie les moyens les plus certains, les plus paisibles d'obtenir une réforme salutaire, et prononcez entre l'ouvrage d'un comité choisi par la Convention libre, et celui qu'on a fait adopter à la Convention tyrannisée.

N'oubliez pas, surtout, une dernière considération : voyez ce conseil des vingt-quatre, chargé de choisir les ministres, aussi étranger qu'un roi à la marche habituelle et journalière de l'administration, si semblable en tout au monarque de 1791, privé de l'inviolabilité et du droit de refuser les lois, prérogatives dont il aurait été imprudent de réveiller l'idée. Remarquez en même temps que ce corps est placé au milieu de la République comme un obstacle à toute activité dans les affaires, à tout ordre dans l'administration, à toute unité de vues et de principes, et jugez ensuite si des hommes qui auraient cherché à préparer le piédestal d'un nouveau roi n'auraient pas voulu aussi un conseil exécutif, dont le gouvernement dégoûtât bientôt la nation de l'autorité de plusieurs, et qu'il fut plus facile de lemplacer par un monarque, sans déranger aucun des autres ressorts de la machine politique (i).

Voyez aussi ce corps législatif séparé de la division départementaire, lorsque tout le reste de la constitution y est fortement attaché; voyez avec quelle facilité ces élus de chaque département, destinés à

(1) C'est ce paragraphe que Chabot n])pe\\e n la plu.s grande atrocité de cet écrit infâme.»

SUR LA CfOUVELLE CONSTITUTION. 6^5

être les éléments du conseil exécutif, peuvent former en un instant le premier congrès d'une république confédérée; et si vous voulez que la France soit républicaine, si vous voulez qu'elle ne forme qu'un seul peuple, vous n'adopterez pas une combinaison bizarre qui, suivant le basard des circonstances, peut vous conduire également aux deux écueils que vous devez éviter, la division en États confédérés, et la monarcliie.

Français, celui qui vous adresse ces réflexions vous devait la vérité , et il vous l'a dite. 11 ne s'est point nommé, parce que la presse, comme la parole, a cessé d'être libre, et que votre intérêt exige de cacher à vos ennemis le nom de vos défenseurs.

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