AUX HOMMES LIBRES. JID
ne sont point les armées qu'ils cherchent à vaincre; ce n'est point la puissance nationale qu'ils veulent combattre , c'est l'espèce entière des hommes libres qu'ils dévouent à la destruction. Croienl-ils les intimider ? INon, sans doute; mais ils satisfont la soif de sang humain qui les dévore. Ils savent bien qu'ils s'exposeraient à d'horribles représailles, si la nation française était moins généreuse ; mais ce sont ces représailles mêmes qu'ils appellent : ils voudraient élever par là, entre leurs sujets et nous, une haine qui leur répondît d'une obéissance prête à leur échapper. N'ont-ils pas déjà fait brûler les faubourgs de Courlraipar un traître qui, depuis, a passé dans leur armée? Ne se sont- ils pas opposés à ce que les viclimes infortunées de celte trahison reçussent la réparation que leur offrait la France d'un dommage fait en son nom?
Et c'est après tous ces crimes commis de sang-fioid, c'est après avoir épuisé contre nous toutes les peifidies du machiavélisme , toute la férocité des conquérants sauvages, qu'ils osent reprocher au peuple français des excès dont nous gémissons et dont il se repent, mais où le ressentiment de leurs trahisons, le spectacle de leur férocité, l'indignation contre leurs insolentes menaces , l'ont entraîné malgré lui.
La nation française est juste; elle ne confond point avec ses véritables ennemis un prince égaré par eux, au point de méconnaître ses intérêts les plus pressants. Elle ne confond point avec la maison d'Autriche, qui veut sa servitude ou sa ruine, le roi de Prusse, secrètement destiné par cette maison
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à partager bientôt l'asservissement ou la chute de la France. L'illusion de l'un doit cesser, mais la haine de l'autre sera éternelle, parce que, sans parler ici des humiliations auxquelles les trahisons de Marie-Antoinette ont exposé l'orgueil autrichien, le chef de celte puissance ne renoncera point à ses projets contre l'Italie, contie la Suisse, contre le Brandebourg, contre l'Empire, pour le succès desquels le dévouement servile de la France, ou la destruction de ses forces, sont évidemment une condition nécessaire.
L'Autriche sait trop que, si le peuple français reste libre, elle sera forcée de respecter elle-même la liberté de l'Europe; elle sait que la gueire entre elle et nous seia éternelle, tant qu'une révolution dans la Belgique ne placera point entre Vienne et Paris toute l'étendue de l'empire germanique; elle sait que les Etats qui forment cet empire ne doivent qu'à nous, ne peuvent conserver que par nous, ce qui leur reste encore d'indépendance, et que la crainte, l'avarice ou l'orgueil ne peuvent leur faire oublier longtemps.
La cause de la France est à la fois celle de la liberté des hommes contre les rois, et de l'indépendance des peuples contre les conquérants usurpateurs ou copartageurs des nations; et cette cause doit triompher.
Dans la guerre , l'enthousiasme est un signe constant et certain de la victoire. Cromwell avoua luimême àLudlow, qu'averti par les premières défaites des troupes du parlement, il se crut obligé d'exciter le fanatisme de ses soldats, pour opposer la fureur