‹ Œuvres de Condorcet (volume 4)Chapitre 9 sur 117 · XII · texte numérisé non relu

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on reliancher une seule partie, n'est-il pas évidenl que si l'un d'eux \iole la loi d'après un de ses j)rincipes de conscience , on est en droit de ci oire ses confrères disposés à se rendre coupables des mêmes violations, lorsqu'ils en auront les mêmes motifs et qu'ils trouveiont la même espérance de succès?

Quelques hommes ont formé entre eux une société intime; ils ont , par un goût particulier qu'ils avaient droit de suivre librement, choisi pour retraite d'anciennes carrières abandonnées, éloignées des habitations et voisines d'une grande route. Un d'eux s'est permis d'arrêter, de dépouiller des voyageurs, et il est revenu tranquillement auprès de ses amis qui l'ont souffert auprès d'eux. [)ira-t-on que ces hommes soient des citoyens honnêtes, qu'en vertu des droits naturels de l'homme on doive laisser continuer paisiblement leur association ?

Dira-t-on que pour prendre des précautions contre eux, il faille attendre que chacun d'eux ait été personnellement convaincu? Noii sans doute.

Je suppose qu'un de ces hommes dise : Il est vrai que nous professons sur la propriété des principes qui vous paraissent dangereux ; il est vrai que c'est par une application fausse de ces principes, qu'un de nos associés s'est trouvé coupable; il est vrai qu'excusant son erreur, nous l'avons laissé parmi nous; mais examinez notre vie, nous ne l'avons jamais souillée par aucun crime, nous avons donné des preuves de notre bienfaisance, de notre fidélité à nos engagements.

Qu'alors on leur dise, au nom de la société gêné-

DU 26 AOUT •79'^, KTC. fC)

raie : Déclarez du moins que vous obéirez à toutes les lois, et à ce prix vous restez libres , et à ce prix nous vous laissons l'exercice de tous vos droits. Ne dirail-on pas alors que la société a épuisé envers ces hommes toutes les mesures d'indulgence compatibles avec la sûreté générale ?

Et s'ils répondaient : Nous ne voulons pas jurer d'obéir à vos lois, parce qu'il y en a quelques-unes qui blessent nos principes, ne devrait -on pas leur dire : Vous êtes ou des ennemis de la société, ou des insensés ; nous ne vous punirons pas; mais nous vous ôterons tous les moyens de nuire , et tout ce qui est nécessaire pour vous les ôter devient légitime contre vous.

Telle était précisément la position de l'Assemblée nationale à l'égard des prêtres attachés aux formes de l'ancien clergé. Leurs principes antisociaux ne pouvaient être révoqués en doute.

L'application que plusieurs d'entre eux en ont faite était prouvée. Le silence ou l'approbation des autres permettait de leur croire la volonté de les imiter, et d'en attendre les occasions.

Les précautions devenaient donc légitimes : elles l'étaient d'autant plus, que si ces prêtres n'avaient été que des hommes égarés de bonne foi , et non des intrigants coupables, ou des instruments insensés du machiavélisme de leurs chefs; si la répugnance à prêter le serment n'eût été que le sentiment d'une conscience égarée , rien ne les empêchait de désarmer la défiance par des explications claires.

La nation leur disait : La loi établit la liberté des

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