‹ Œuvres de Condorcet (volume 4)Chapitre 93 sur 117 · NOUVELLE CONVENTION · texte numérisé non relu

NOUVELLE CONVENTION

NATIONALE

D\>S LE C\S OU LA CONSTITDTION ^E SEKAII PAS FlNlf DANS UN TEMPS DÉTERMINÉ.

Citoyens,

Vous ne pouvez vous dissimuler les dangers où nos troubles intérieurs et nos divisions intestines exposent la République. Une ligue puissante nous assiège de toutes parts; mais que pourra-t-elle, si les Français, qui tous veulent la liberté, savent enfin se réunir pour la défendre? A quoi nos ennemis ont-ils dû la vaine apparence de quelques succès? A des négligences, à de bonteuses dilapidations, à des trabisons que nos dissensions seules ont encouragées par l'espoir du succès ou de l'impunité. Ce sont les Français qui ont préservé l'Europe de la féroce tyrannie des Huns; et la tyrannie fanatique des suc-

cesseurs de Mahomet s'est arrêtée devant eux. Qu'une même volonté les rallie, et pour la troisième fois ils sauveront la liberté de l'Europe, que les barbares osent espérer encore d'en bannir pour jamais. Mais quel remède opposer à ces troubles que chaque instant voit s'accroître, à ces divisions qui semblent chaque jour s'envenimer davantage? Ce remède, la nation entière vous l'a indiqué ; c'est l'établissement d'une constitution républicaine.

Le moment où le peuple français pourra se reposer sur des lois fixes , revêtues de son approbation , est celui où vous verrez disparaître, et les conspirations, et les révoltes, et les ambitions particulières, et ces passions personnelles qui sont dégénérées en fléaux publics.

C'est alors que doivent finir, et les rêves de l'orgueil des rois ligués contre nous, et les absurdes espérances de l'aristocratie. C'est alors que tous les Français, connaissant enfin sous quelles lois, douces, égales et justes , ils pourront exercer leur liberté, jouir de leurs biens , se livrer à leurs tiavaux et développer leur industrie, il ne sera plus au pouvoir du fanatisme religieux ou de l'hypocrisie politique, de tromper l'ignorance ou d'égarer le patriotisme.

Citoyens, vous voulez tous satisfaire à ce vœu du peuple; votre devoir le commande, vous y serez fidèles. Mais vous devez plus encore : vous devez vous hàler d'apprendre à la Fiance, à ses ennemis, que ce devoir sera rempli , que rien n'aura la force de vous en détourner, que vous-mêmes vous ne vou-

Page 1