PRONONCÉ A LA CONVENTION, KTC
lez pas avoir le funeste pouvoir détromper l'attente de la nation.
Il faut que, si des passions osent encore se faire entendie au milieu de vous, elle ne puisse plus craindre de vous voir entraîner hors de la route qu'elle vous a tracée. Il faut que les ennemis de la liberté française, les artisans de conspirations, les intrigants avides du pouvoir, les contre-révolutionnaires déguisés en patriotes, les agents des rois étrangers, les paitisans secrets du fédéralisme ou de la royauté, les lionnnes qui ont besoin de prolonger le désordre, ne puissent plus se flatter ni de vous égarer , ni de vous perdre; il faut même qu'au delà de vous, ils aperçoivent encore un nouvel obstacle au succès de lems complots. Il faut que les puissances ennemies perdent l'espérance de voir arriver ce moment qu'elles attendent et qu'elles préparent, ce moment d'anarchie où la France, fatiguée de n'avoir pas de constitution, n'ayant plus d'espoir de la recevoirde vous, et privée d'un centre de réunion, serait livrée, dans chacune de ses parties, à tout ce que l'erreur, la défiance, les passions, les trahisons pourraient employer de moyens pour la diviser et la déchirer.
J'ai cherché une mesine qui pût remplir cet objet important : celle que je vais vous développer est simple; elle ne peut exposer ni la République à aucune secousse, ni la liberté à aucun danger. Vous avez promis de sauver la patrie, et je ne vous conseillerai point de remettie en d'autres mains le dépôt que vous avez accepté. Je ne vous parlerai point d'inviter le peiq»le à prononcei- sur nos divisions
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personnelles, car ce serait l'exposer à les partager. Je ne vous proposerai aucune de ces résolutions qui annonceraient cpie vous désespérez, ou delà chose publique ou de vous-mêmes : mais je vous dirai : Montrez-vous à la nation comme des hommes qui se sentent dignes delà confiance qu'ils ont obtenue, qui se croient en état de remplir leur devoir, mais qui, également éloignés de la présomption et de la faiblesse, jugeant avec impartialité les obstacles qu'ils trouvent dans eux-mêmes, et ceux que le sort peut leur préparer, veulent, autant qu'il est en eux, mettre le salut public à l'abri , et des événements , et de leurs propres passions.
Citoyens, je propose donc de fixer un terme suffisamment éloigné, auquel les assemblées primaires seront convoquées pour acceptei- ou rejeter la constitution, si nous en avons terminé le projet, pour nous remplacer par des élections nouvelles si ce grand ouvrage n'a pu être achevé.
Si vous prenez ce parti, dès lors toutes ces inculpations si peu méritées de vouloir perpétuer le pouvoir dans vos mains , de profiter des maux publics pour satisfaire vos intérêts, votre ambition , vos passions même, dès-lors tous ces prétextes de tant de calomnies s'évanouiront devant vous. Qui pourrait en effet vous reprocher encore, et cette cumulation de tous les pouvoirs, et cette autorité extraordinaire d'un de vos comités, et ces j)ouvoirs si étendus, délégués à vos commissaires? Je ne partage point les craintes que ces résolutions ont inspirées, les soupçons qu'elles ont fait naître; mais, quelle qu'en soit