‹ Œuvres de Coquillart (volume 2)Chapitre 134 sur 374 · Ces · texte numérisé non relu

Ces

3. Les professeurs d'humanités conseillent encore à leurs élèves de bien digérer les matières de leur enseignement. On comprend facilement l'office que remplissent, dans cet ordre de figures de rhétorique, ces docteun mâchesens, et l'on voit qu'ils préparent paternellement pour leurs élèves une digestion plus facile.

4. Il faut conserver à cette citation sa tournure ironique, et ne pas changer Antitus en Accursius, comme

84 COQJJILLART.

Soustenans que on ne pourroit pas Intenter ainsi les deux cas, C'est assavoir le petitoire Quant et quant » et le possessoire.

on l'a fait depuis Galiot du Pré, sous le prétexte qu'Antitus est inconnu. Coquillart et Rabelais eussent répondu qu'Antitus est le plus connu de tous les glossateurs. Martmus existe , aussi Baldus ; Johannes Antitus , dans la pensée de Coquillart , fait mieux que d'exister : il est le symbole du Commentaire. Martinus est un jurisconsulte du Xlle siècle (Voy. Du Cange); mais c'est surtout Martin l'Ane que notre poète a en vue. Baldus est un jurisconsulte du XlVe siècle (Voy. les biographies) , mais il est aussi le baudet. Quant à Johannes Antitus, le glossateur par excellence , il représente la troisième et dernière incarnation du pédantisme classique : il est l'âne têtu. Notre Johannes Antitus est reçu au livre 2, chap. 1 1, du Pantagruel, licentié en toute lourderie. Le Duchat, dans une note sur ce passage de Rabelais, semble personnellement tout heureux de ce grade auquel arrive maistre Antitus ; il met son style à la hauteur de la circonstance, et prouve magistralement que. Rabelais a inventé ce nom , Antitus. Il ne cache pas, du reste, que ce mot désigne quelque vieil âne également têtu et entêté, malheureux non moins qu'infortuné, comme diroit le docteur Mathanasius. Nous aurions été plus réjoui cependant d'apprendre que ce mot ffîgQÎfioit également têtu et non entêté. Ce mai3tre Antitus , qui a fourni une si notable découverte au savant huguenot, se retrouve «n siècle avant Rabelais, dans le Mystère .de Vengeance de Nostre Seigneur, en compagnie de 4eux autres médecins de Tolède, dom Pultus et maistre Odo, font empêché de guérir Vespasien de sa lèpre.

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