Afin qu'il
}. Défense.
Au rude engin et simple sens Du povre Honneste Fortuné , Qui a leu les deux passe temps.
Cy fina U Débat des Dames et des Arma.
LE MONOLOGUE
LE MONOLOGUE
I ous avons indiqué dans notre préface île rôle que jouoit le Monologue dans ^^ les fêtes de la bourgeoisie du XVe siècle, et nous pouvons aussi lui appliquer la plupart des observations générales que nous avons faites sur le blason. Nous reconnottrons cependant qu'il eut sur ce dernier un grand avantage : il ne fut pas adopté et perfectionné par les premiers poètes de la Renaissanqe; il ne parut pas à la Cour et resta dans le domaine des poètes populaires.
Il conserva ainsi plus longtemps les traces de son origine, bourgeoise, les quelques instincts vigoureux que le Moyen Age lui avoit transmis , et l'on put jusqu'à la fm retrouver en lui l'inspiration de plus en plus languissante, mais toujours hardie^ de la poésie du tçmps.
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passé. Il appartenoit en effet à cette famille des Contes qui avoit jeté tant d'éclat pendant tout le temps que s'étoit librement développé le génie national. Il suivit , il est vrai , la fortune de toutes les poésies que le Moyen Age légua au XVIe siècle ; mais, quoiqu'il se laissât aller, lui aussi , à l'amplification, à la recherche puérile, minutieuse et bavarde, il ne pouvoit vivre que par l'observation, l'étude de la vie réelle , le drame ; et l'observation , l'étude de la vie réelle , le drame , étoient tout particulièrement antipathiques à ces petits rhéteurs mathématiciens et musiciens qui précédoient la Pléiade à la cour de François 1er.
Il est impossible ici encore de prouver que le Monologue ait été inventé par Coquillart : bien des pièces du premier temps , bien des fabliaux, se développent dans une donnée analogue ; d'ailleurs Villon précède Coquillart dans l'histoire littéraire, et l'on est souvent tenté de conclure que le Monologue du Franc Archier de Bagnolet, attribué à Villon» est antérieur au Monologue Coquillart. Remarquons cependant que rien n'est moins prouvé que la vérité de cette attribution. Villon a pu composer ce monologue, sans doute, mais son style ordinaire, sa méthode, l'espèce particulière de son génie, nous engageroient plutôt
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à le nier qu'à l'afiSrmer. Il y a dans le XVe siècle bien des pièces anonymes qui , plus que les Testamensel les Ballades, ont un air de parenté avec le Monologue du Franc Archier, et il y a par conséquent maints poètes qui , plus vraisemblablement que Villon, ontdûcomposerune telle œuvre. Coquillart tout le premier pourroit la revendiquer ; mais nous ne voulons pas nous laisser aller à cette tendance qui porte les érudits à attribuer toute œuvre anonyme au poète qu'ils aiment et qu'ils étudient. Nous savons combien on est facilement trompé par cette uniformité de style et de manière qui caractérise la littérature populaire du XVe siècle. Villon presque seul y a échappé : cette mélancolie qui se montre entre deux éclats d'un rire nerveux, cette sensibilité qui est presque notre contemporaine et qui le force à laisser voir son cœur dans un temps où chaque écrivain ne montroit que son esprit, sa science ou ses chausses, et Dieu sait avec quel geste! tout cela, qui le caractérise à un haut degré, lui a permis de ne ressembler à aucun autre poète de son époque. Ce n'est pas sans doute ce qui peut nous engager à lui attribuer un ouvrage que presque tous les autres poètes de ce temps eussent pu composer.
Le dernier éditeur des œuvres de Villon affirme (Voy. Edit. elzevir, pag. 297-298)
que le monologue dont nous parlons a été composé avant 1480, parce que c'est à cette époque que les francs-archers furent supprimés. Cette affirmation est hardie, et cet art dé vérifier les dates est assfurément fort nouveau. Il nous parott qu'on parle parfois des gens quand ils sont morts; et les savants, qui ont dit tant de choses à propos de Vlliadcy n'ont pas encofe songé à affirmer qu'Achille et Homère , Agamemnon et Racine , fussent nécessairement contemporains. Il seroit plus naturel de supposer qu'on^ à attendu la suppression des iriancs archers pour se moquer d'eux. Le contraire est possible cependant.
Quoi qu'il en soit, ce monologue fût -il de Villon et eût-il été composé avant 1480, l'incertitude où nous soinmes sur la date de la composition du Monologue Coquillart ne permettroit évidemment pas de savoir lequel des deux vint le premier. Je reconnois d^ailleurs que la pièce attribuée à Villon est meilleuie à certains égards , mieux composée , mieux suivie, plus une; lé caractère principal 7 est d'un comique plus large et plus vivant.
Il est certain cependant que c'est l'œuvre du poète Rémois qui resta le modèle du genre. C'est elle que les monologaeurs du siède suivant eurent constamibent devant les yeux. Roger de CoUerye l'avoit. présente à l'esprit
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quand 11 fit son Monologue du Résolu (Edit. elzevir., p. 59). Il déploya Ik un merveilleux talent d'imitation , tellement que son oeuvre « un vrai pastiche pourtant, l'emporte en quelques points jsur Je .modèle, Vautre monolo^gue de Roger de Colieryê indique déjà une décadence. L'énumération et J'amplification commencent à l'emporter sur; l'observation et le drame. La hardiesse , la vivacité , la gahé , . restent encore; mais cette Id qui imposoit au Monologue le développement d'un caractèreou. d'une position n'est plus observée. On pourra, suivre la marche de cette décadence en comparant les pièces que nous venons de citer avec le Monologue de la Chambrière desproveue du mal d'amours (Ane. Pois, franc. , Biblioth. elzevir. , t. 2 , p. 245), qui suit encore la même donnée que le Monologue de la- Dame fort amoureuse, de Collerye; avec le Monologue des Sotz Joyeux de la Nouvelle Bande (Ane. Pois, franc. , t. 3 , p. 11), avec le Monologue des Nouveau^ Sotz {Ane. Poés. franc. yt: i , pag. 1 1). Ce dernier n'a plus rien de dramatique , et ne diffère guère des Diîz et dts Sermons joyeux.
A la fin du XVIe siècle le Monologue se laissa oublier ; mais comme il avoit l'honneur de posséder un nom. grec , et qu'on venoit de lui apprendre à parler assez indiscrètement de
Venus et de Cupido (Voy. le Monologue de la Chambrière), les classiques l'adoptèrent. On l'introduisit dans la tragédie ; il ne tarda pas à s'y trouver à l'aise. On sait le grand rôle qu'il y joua , et nous n'avons pas besoin de dire comment il vécut en bonne intelligence avec le Récit, tout aussi grec que lui , malgré son nom latin. Il lutta sans trop de désavantage avec le Songe et tint en échec le Confident jusqu'à la mort de la Tragédie , à la triste fin de laquelle il contribua selon ses moyens.
Cy commence LE Monologue Coquillart*.
ous semble il point que pour > dancer Fluter, ou pour paroliesfainctes ), Pigner4, mirer, ou s'agencer,
1 . C'est-à-dire le Monologue de Goquillart. Nous donnons le titre que porte cette pièce dans les quatre premières éditions. Galiot du Pré et ceux qui viennent après lui rappellent le Monologue de la Botte de foing,