FAICT PAR COQUILLART
orriers mignons,hantans banquetz^ [Genlilz, fringans, dorelos, Portés vous plus les affiguetz ,
Ne les^rôbbes de camelos,
Motes argenteuzes, petis œullades ',
Entretenés voz plus voz tours
De faire donner les aubades
Que soulliés faire tous les jours ^ ?
Où estes vous, chans de linotes.
De chardonnelés ou serins,
Qui chantés de cy 3 plaisans notes
Soubz les treilles de ses jardins ?
Où estes vous les tabourins,
Les doucines4 et les rebectz,
1 . La construction de la phrase semble demander pouf les mots mottes et œillades la signification de bijoux ; il est difficile de lés comprendre autrement que comme quelques-uns de ces affiquets dont on vient de parler. Les premiers seroient donc quelques bijoux ronds en argent , les seconds quelques bijoux ovales ornés de pierresprécieuses, de diamants fort brillants lançant des œillade»^
2. Comme vous aviez Thabitude de le faire. 5. Qui chantiez de si...
4. Il est facile de comprendre que c'est un instrument de musique ; il s'appeloit aussi douceigne ou doulcemer^ Je n'ai pas pu trouver sur lui de plus amples détails.
Monologue du Puiti
Cy cohmahce le Monologue du Puys
FAICT PAR COQUlLLAdT.
Horriersmignonsjhaiilansbaiiquetz,
KGentilz , fringans , dorelos , RPonés vous plus lesaiïlguetz ,
Ke les robbes de camelos ,
Motes argenteuzes, petU œullades ',
Entretenés voz plus voz tours
De faire donner les aubades
Que souillés faire lous les jours ' ?
Où estes vous , chans de linotes,
De chardonnelés ou serins,
Qui chantés de cy > plaisans notes
Soubz les treilles de ses jardins P
Où estes vous les labourins,
Les doucines* et !es rebeaz,
de la phrase semble demander poui
J44 COQjJILLART,
Que nous avions tous les matini Entre nous aultres mignonnes !
J'ay veu que j Voye Henriet A faire mes charivaris » , Jiveç son compaignon Jacquet , Pour les bourgeoises de Paris.
yay veu qu'estoye mignonnet, Chantant entre les damoiselles ; Ung corps fectls , sade , gronnet », Pensés qu'avoye des plus belles.
Vous semble il point que pour argent Qu'on peu3t joyr de 5es amours , Estre tousjours mignon , fringant , Portant cornette de velours !
Àultre foy§ ay esté çn çpurs Pour faire balades et rondeaux, Et ne dormoie ne nuytz , ne jours ,• A penser les termes nouveau^.
Ung jour m'en alole pas à pas , Fort mignon , plaisant et habile , Tracassant , traignant le patin ; Car je sçavoys bien mon stille Et entendoys bien mon latin J,
I. On a vu que charivari n'avolt pas Paccq>tiOB odieuse qu'il a de nos jours.
' 2. M. Tarbé pense que ce mot gronnet, gros net, lignifie très propre.
%. On rcconnoît toute la phraséologie de Coquillvt-
Monologue du Puits* 14^
Je vous «stoys miste y fricquet ^ Habillé comme ung gentil homme »
Ësveillé comme ung saulpiquet ; , N'y avôit que pour.moy, en somme»
Les beaulx petis gans ^ le bonnet Et la perrucque bien pigilée'i Pour dire : « Morbieu , pas ung pec ! n J'estoys ung ifringant^ à journée 3.
b^averiture comme je passoie Et m'en aloie tout en paix , Sans ce que aucun mal y pensoyé, Se^ me dit Ung \ u A Dieu Joannes if N'oublie pas ton escriptoire. »
Et je vous escoute ; quoy voire^ I
Nous avons expliqué toutes ces locutions : tracassant lei pavés, traînant le patin , savoir le stille, etc.
1 . U n'y avoit personne tel que moi pour porter lei beaux petits gants , etc.
2. Pour savoir dire, selon l'expression à la mode.: a Laissez-moi tranquille », j'étois un gaillard.
|. Fringant à journée, homme bien habillé tous les jours V par opposition à ces pauvres diables de valets di-mancheris , qui , occupés toute la semaine , ne peuvent t'habiller que le dimanche.
4. Comme je m'en allois sans penser à mal, st^ ce, cela^ cette parole quelqu'un me cria.
(. Pédant, pauvre écolier. Nous le trouvons dans les romans du XVlle siècle, employé dans le sens de valet d'Université, domestique de professeur»