‹ Œuvres de Coquillart (volume 2)Chapitre 327 sur 374 · FAICT PAR COQUILLART · texte numérisé non relu

FAICT PAR COQUILLART

orriers mignons,hantans banquetz^ [Genlilz, fringans, dorelos, Portés vous plus les affiguetz ,

Ne les^rôbbes de camelos,

Motes argenteuzes, petis œullades ',

Entretenés voz plus voz tours

De faire donner les aubades

Que soulliés faire tous les jours ^ ?

Où estes vous, chans de linotes.

De chardonnelés ou serins,

Qui chantés de cy 3 plaisans notes

Soubz les treilles de ses jardins ?

Où estes vous les tabourins,

Les doucines4 et les rebectz,

1 . La construction de la phrase semble demander pouf les mots mottes et œillades la signification de bijoux ; il est difficile de lés comprendre autrement que comme quelques-uns de ces affiquets dont on vient de parler. Les premiers seroient donc quelques bijoux ronds en argent , les seconds quelques bijoux ovales ornés de pierresprécieuses, de diamants fort brillants lançant des œillade»^

2. Comme vous aviez Thabitude de le faire. 5. Qui chantiez de si...

4. Il est facile de comprendre que c'est un instrument de musique ; il s'appeloit aussi douceigne ou doulcemer^ Je n'ai pas pu trouver sur lui de plus amples détails.

Monologue du Puiti

Cy cohmahce le Monologue du Puys

FAICT PAR COQUlLLAdT.

Horriersmignonsjhaiilansbaiiquetz,

KGentilz , fringans , dorelos , RPonés vous plus lesaiïlguetz ,

Ke les robbes de camelos ,

Motes argenteuzes, petU œullades ',

Entretenés voz plus voz tours

De faire donner les aubades

Que souillés faire lous les jours ' ?

Où estes vous , chans de linotes,

De chardonnelés ou serins,

Qui chantés de cy > plaisans notes

Soubz les treilles de ses jardins P

Où estes vous les labourins,

Les doucines* et !es rebeaz,

de la phrase semble demander poui

J44 COQjJILLART,

Que nous avions tous les matini Entre nous aultres mignonnes !

J'ay veu que j Voye Henriet A faire mes charivaris » , Jiveç son compaignon Jacquet , Pour les bourgeoises de Paris.

yay veu qu'estoye mignonnet, Chantant entre les damoiselles ; Ung corps fectls , sade , gronnet », Pensés qu'avoye des plus belles.

Vous semble il point que pour argent Qu'on peu3t joyr de 5es amours , Estre tousjours mignon , fringant , Portant cornette de velours !

Àultre foy§ ay esté çn çpurs Pour faire balades et rondeaux, Et ne dormoie ne nuytz , ne jours ,• A penser les termes nouveau^.

Ung jour m'en alole pas à pas , Fort mignon , plaisant et habile , Tracassant , traignant le patin ; Car je sçavoys bien mon stille Et entendoys bien mon latin J,

I. On a vu que charivari n'avolt pas Paccq>tiOB odieuse qu'il a de nos jours.

' 2. M. Tarbé pense que ce mot gronnet, gros net, lignifie très propre.

%. On rcconnoît toute la phraséologie de Coquillvt-

Monologue du Puits* 14^

Je vous «stoys miste y fricquet ^ Habillé comme ung gentil homme »

Ësveillé comme ung saulpiquet ; , N'y avôit que pour.moy, en somme»

Les beaulx petis gans ^ le bonnet Et la perrucque bien pigilée'i Pour dire : « Morbieu , pas ung pec ! n J'estoys ung ifringant^ à journée 3.

b^averiture comme je passoie Et m'en aloie tout en paix , Sans ce que aucun mal y pensoyé, Se^ me dit Ung \ u A Dieu Joannes if N'oublie pas ton escriptoire. »

Et je vous escoute ; quoy voire^ I

Nous avons expliqué toutes ces locutions : tracassant lei pavés, traînant le patin , savoir le stille, etc.

1 . U n'y avoit personne tel que moi pour porter lei beaux petits gants , etc.

2. Pour savoir dire, selon l'expression à la mode.: a Laissez-moi tranquille », j'étois un gaillard.

|. Fringant à journée, homme bien habillé tous les jours V par opposition à ces pauvres diables de valets di-mancheris , qui , occupés toute la semaine , ne peuvent t'habiller que le dimanche.

4. Comme je m'en allois sans penser à mal, st^ ce, cela^ cette parole quelqu'un me cria.

(. Pédant, pauvre écolier. Nous le trouvons dans les romans du XVlle siècle, employé dans le sens de valet d'Université, domestique de professeur»

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