I . Pauvreté me poursuit avec constance
Monologue des Perruq^ues. 2(^9
A trois beaulx dez, par mons et vaulx. Ma lance est au grenier aux noix , Qui sert à seicher les drappeaux.
J'ay mengé espée et houseaux.
Qui n'a point d'argent, rien ne paye ; Rendre me fault , par mes aveaux ' , En quelque vieille morte paye *.
Mon pourpoint est de vieille soye , Derompu et tout decassé ; Et me nomme on , où que je soie , Le Gendarme fumeux cassé 3.
Mince d'argent, povre endossé 4, Nu et espris pour tout comprendre J, Pour trésor que j'aye amassé , Laron ne se fera jà prendre.
Tous ses jours cent frans à despendre ; Monté de courcier et de dame ; Emprunter assez et riens rendre ; Estre sauvé de corps et d'ame ; Vivre de hait sans estre infâme ; Tousjours sain et jamais malade ; Chascune nuyt nouvelle femme ;
1 . Ces aveaux semblent être les ancêtres des av€s et ataves de Tescolier Limousin, par mes ayeux.
2. Soit en quelque forteresse des frontières, soit en quelque monastère à titre de moine lais,