NOTICE
lavius Josèphe a écrit sa vie. Les Dictionnaires biographiques l'ont résumée avec assez de persévérance pour que nous soyons excusé de ne pas recommencer un tel travail. Cette biographie ne toucheroit d'ailleurs que fort indirectement à notre sujet. Il nous suffit de dire que Flavius Josèphe naquit en l'an 37 de Notre-Seigneur et mourut à l'extrême fin du 1er siècle ; il composa les ouvrages suivants :
1° V Histoire de la Guerre des Juifs, écrite d'abord en langue syro-chaldaîque et divisée en 57 chapitres, puis traduite en grec par Flavius Josèphe lui-même et divisée en sept livres. Le premier et le deuxième, jusqu'au chapitre 28, sont un abrégé des Antiquités Judaïques, depuis Antiochus Epiphanes jusqu'à Florus, gouverneur de Judée 3 le second livre
s'arféte à la défaite des Romains commandés par Sextus Gallus; le troisième traite des premières conquêtes de Vespasien et de Titus en Galilée; le quatrième raconte l'histoire des Juifs jusqu'à l'arrivée de Vespasien à l'empire ; dans le cinquième , nous voyons le siège de Jérusalem par Titus; dans le sixième^ la prise de la ville; dans le septième, la ruine de la ville et l'abaissement de la Judée.
2^ Antiquités Judaïques, 15 livres; les divers manuscrits diffèrent quant à la division des chapitres^ et l'on ignore si les titres de ces chapitres sont de Josèphe. On ignore encore si ces Antiquités ont été écrites d'abord en hébreu ou en grec ; on penche vers cette dernière hypothèse.
30 Sa Vie, sorte d'appendice, de continuation, des Antiquités.
4^ Les Antiquités des Juifs contre Appion.
On lui attribue divers ouvrages : le Livre des MachabéeSy avec toute apparence de raison ; un Discours sur la Cause universelle contre la doctrine de Platon, avec moins de vraisemblance. Quelques autres travaux, qu'il semble indiquer dans le courant de ses œuvres, sont perdus. Notons qu'on trouve dans quelques anciennes traductions latines un ouvrage en cinq livres sous ce titre : Egesippi , inter scriptores nobilissimif Historia de Eversione Juddo-
Trad. de la Guerre des Juifs. ^99
rum. Ce travail ne paraît être qu'un remaniement de la Guerre des Juifs y et Egesippus ne semble être autre chose que Josephusj qui devint d'abord Josipus, puis Egesippus,
Quelques bibliographes assurent que la première version de l'Histoire de la Guerre des Juifs a été perdue , et qu'il n'en reste qu'une traduction latine du Ve siècle, failepervenerabilem presbyterum Rufianum , Aquileiensem , W* rum doctissimum. C'est en tout cas sur quelque manuscrit de cette traduction que Coquillart a fait la sienne, tout en se servant, pour la compléter, et de la traduction des Antiquités faite par le même Rufin , et de cette Histoire d'Egesippe dont nous venons de parler.
Coquillart nous indiquera tout à l'heure que plusieurs critiques disputent à Ruffm l'honneur de cette translation. On l'attribue en effet soit àCassiodore, soit à saint Ambroise, soit à saint Epiphane ; mais tout le monde s'accorde à constater que, quel qu'en soit l'auteur, elle ne vaut pas grand'chose.
Les manuscrits grecs et latins des œuvres de Josèphe sont en fort grand nombre ; nous ne nous en occuperons pas.
Parmi les manuscrits françois, le plus ancien que nous ayons rencontré à la Bibliothèque impériale de Paris remonte au XlVe siècle; il a appartenu à la bibliothèque du duc
Jehan de Berry. Nous connoissons au même dépôt trois translations françoises du XVe siècle, toutes trois, cependant, postérieures, autant qu'on peut le présumer, à celle de Coquillart.
Nous avons , dans notre préface , donné la date et raconté l'histoire de cette dernière. Elle forme deux volumes in-folio, rangés sous les numéros 701 5 et 7016 (Bibl. imp.). Ces volumes sont fort beaux, écrits avec grand soin, ornés de nombreuses vignettes d'une extrême finesse. Le premier volume contient la préface de Coquillart, la préface de Josèphe, et s'arrête à la fin du second livre. Le second volume donne les cinq derniers livres, avec la note et l'acrostiche que nous avons placés dans notre premier volume, pages 5-5. La traduction est littérale , par là rude , peu coulante, point très facile à comprendre parfois ; elle devient plus libre après les premières pages, et y gagne singulièrement.
Nous avons cru devoir compléter notre édition des œuvres de Coquillart en donnant un extrait de cette translation.
La priemière édition grecque des œuvres complètes de Josèphe ne remonte pas avant 1 544 (Bàle, in-fol.). Les éditions latines sont de beaucoup plus anciennes. La première, S. D., parolt pouvoir se placer entre 1^62 et
MtfM^nAM
Trad. de la Guerre des Juifs. 301
1476 ; les éditions datées la suivent de près : Augsbourg, 1470, fol. ; Venise, 1470 ; Vérone, 1480; Venise, 1489; Venise, 1499.
Nous citerons encore une édition peu connue, et qui est celle dont nous nous sommes servi pour l'étude de la traduction de Coquillart : c'est un in-folio, contenant la Guerre des Juifs, les Antiquités , les deux livres contre Appion , et l'Histoire de Egesippe. Elle porte à la fin des Antiquités : Impressum Mediolani, apud Alexandrum Minutianum, Ludovico Hornk id in primis suadente , anno àSâlvatorisNostri naîali 1514^ die X Januarii.
La traduction latine de Gelenius (Ghelenn ou Geslen), à la fin du XVIe siècle, passe pour être une des plus recommandables.
C'est, selon toute probabilité, en 1492 (Paris, Ànthoine Verard, in-folio) que fut imprimée la première version françoise ; puis viennent les traductions de Michel de Tours, 1 5 34 (Paris, folio) ; de Nicolas de Herberay , 1 5 5 3 ; de Jean Le Frère de Laval, 1569 (Paris); une autre en 1 573 (Lyon et Paris) ; un abrégé par François Belle-Forest, Commingeois, avec un hommage à Henry III , du 26 mars 1 578, et une Epistré au lecteur (i 578). Nous trouvons vers cette époque la publication en deux vol. in-8 de la traduction de François Bourgoin, sieur de Daignon, « un certain hère-
WÊmmmm
JOa COQUILLART.
tique, dit Génébrard, un asne, qui ne sçavoit ni grec ni hébreu , et bien peu entendoit le latin de Gelenius , qu'il s'estoit efforcé de traduire. » Ce furent sans doute l'inintelligence et la mauvaise foi de ce « singe françois de Gelenius )> qui engagèrent Génébrard à donner enfin sa propre traduction , laquelle parut pour la première fois en 1 578, in-fol. (Paris) , et qui fut réimprimée six fois dans l'espace de soixante ans. Nous citerons parmi ces éditions celle qui fut donnée en 2 vol. in-fol. chez Mathurin Henault, rue Clopin , devant le Petit Navare (1699); vint enfin l'élégante traduction d'Amauld d'Andilly, qui parut pour la première fois en 1 669 , qui fut aussi fréquemment réimprimée , et qui est la seule qui soit restée un peu connue du public.
Nous nous en tiendrons à ces notions sommaires sur Flavius Josèphe et la bibliographie de ses œuvres.
la louenge de Dieu Tout Puissant , nostre Créateur et Rédempteur, qui par sa saincte miséricorde volt ' en ce mortel monde naistre homme de mère vierge et souffrir mort et passion par les mains des Juidz pour nous tous rachetter d'Enfer, duquel *, par le pechié du premier homme, nous feusmes soubzmis et obligiez ; et pour 3 avoir entendement par langage françoiz de l'histoire de la destruction des Juidz et de la cité de Jherusalem , ensemble de toute la terre d'iceulx Juidz , ce que pluseurs appellent la Vengence