‹ Œuvres de CoquillartChapitre 32 sur 167 · Jours de jeûne, de maigre chère et de petit travail · texte numérisé non relu

Jours de jeûne, de maigre chère et de petit travail

i 4. La provision , c'est l'adjudication d'une somme à

r j prendre préalablement en attendant le jugement du débat.

* $ . C'est-à-dire qu'Us, ne peuvent tirer quelque fruit de

; leur procès , même quand ils l'ont gagné.

6. Quelque mignon de l'auditoire interpelle le docteur es droits nouveaux.

Prent tous les jours de son mary

Le picotin à grant mesure,

Faict il mal » ? — Nenny, non, nenny. .

— Et s'il est pesant , endormy, Songeart , et qu'il n'y puisse entendre, Doit elle point avoir ung amy ?

— Je dis qu'il est besoing de actendre Qu'elle ait sommé avant qu'en prendre Ailleurs. — Et s'il respond : « Sans plus , Je m'y garderay demesprendre*. »

Quel provision du surplus ?

— Ce dellay là semble reflus ; Pourtant ne doit point estre mis Si tost du nombre des cocus

Le mary, par six ou sept nuytz *; Combien que s'il passe les dix Sans cause, et que le boys s'alume*, Femme peut prier ses amys Et faire selon la coustume.

Mes mignons , escoutez la plume ;

i . Fait-il mal , ce mary, de le donner ?

2. De crainte de me tromper, de me faire mal. C'est le mari qui parle , et le mignon là dessus demande au professeur : quel provision, etc.

j. Pendant six ou sept nuits encore.

4. L'édition Ve Trepperel donne : et que de boyre s'alume. L'unanimité des autres éditions nous a fait préférer la version que nous donnons , à tort peut-être, car boyre servirait à expliquer Pun des vers suivants: Humez, etc.

Droits nouveaux. 43

C'est trop le latin escumé l :

Faictes tousjours que l'on se fume*, Ainsi qu'ayez acoustumé.

1. Tout ce passage, jusqu'à la reprise: Venons aux matières présentes , offre des obscurités et de grandes difficultés d'interprétation. Il est écrit d'une façon vive, colorée, trop concise, et dans un langage dégagé de tous les liens de la syntaxe. Peut-être quelques vers ont-ils été omis , peut-être le texte est-il incorrect ; nous n'avons rien osé y changer, quoiqu'il soit apparent que nul des anciens éditeurs ne l'a compris et que tous l'ont maltraité. Nous avons préféré supposer la version bonne et en hasarder une explication. Le poète paroît s'adresser aux joyeux galants , aux bonnes commères du temps passé , à ceux et à celles qui suivent encore les anciennes lois , les simples, faciles et naturelles méthodes de galanterie'; il les engage à persévérer dans la pratique de l'ancien droit d'amour ; il leur montre les indiscrétions , la fatuité compromettante et les tournures ridicules des sectateurs des modes nouvelles. « Mes galants de l'ancienne mode , dit-il en débutant , écoutez une fantaisie de ma plume ; je suis fatigué d'écorcher si fidèlement ce latin de juriste. » Peut-être eût-il mieux valu lire : « Mes mignons , escoutez , la plume s'est trop, etc. » ; ma plume vient de se laisser égarer par ce latin. Peut-être enfin la plume signifieroit-elle, par opposition à la coustume, ce droit eseript auquel il va faire une nouvelle allusion bientôt.

C'est tantôt vers les femmes et tantôt vers les hommes qu'il parott ensuite se tourner, et ses conseils ne se comprennent qu'adressés à ces joyeuses commères dont je parfois plus haut , et à leurs maris. *

Page 1