‹ Œuvres de CoquillartChapitre 64 sur 167 · Touffe de cheveux · texte numérisé non relu

Touffe de cheveux

3. Je ne sais pas s'il est permis d'attribuer déjà au root ton le sens de mode qu'il a aujourd'hui; ce vers pourrait le prouver; on ne peut guère le comprendre qu'en, l'expliquant ainsi : Faire venir une autre mode, ce n'est pas difficile ; il suffit que, etc.

4. Nous disons encore : « Il a péché cela sous son bonnet. » Galiot du Pré donne : et qu'il la cache, etc., qui nous paraît moins bon.

$. Cornette a souvent changé de signification. Au XVIe sièce il indique une sorte de chapeau destiné à garantir du soleil; au XVI le une coiffure de nuit, en toile, qui venoit se nouer sur la gorge, avec l'intention peu formelle d'en cacher une partie. Dans le dialecte picard il a toujours signifié une coiffe d'étoffe quelconque, serrée sur le derrière de la tête, pour empêcher le bonnet de devenir gras. Coquillart paraît le prendre ici dans ce dernier sens. Il lui donnera plus tard les autres significations.

6. Nous avons déjà indiqué, particulièrement dans te préface , ce qui pouvoit avoir inspiré au poète bourgeois l'amour de ces ennuyeuses énumérations'. Rappelons que,' * s'il faut y voir une certaine docilité pour la rhétorique à

Droits nouveaux. 7$

La robbe de bien bas voiler ! , Le pourpoint de haulte entreprise ,

la mode, il est sage aussi de songer à cette arrière-pensée de malicieuse caricature et de satire qui n'abandonne pas Coquillart. Tous ses contemporains étoient les esclaves de cette rhétorique allégorique : les Le Maire de Belges, les Crestin, les MoKnet, les Meschinot, les Chastellain, les Biaise d'Auriol, les Octavien de Saint- Gelais , les André de la Vigne ; Jehan du Castel venoit (1467) de faire paraître dans cette donnée son Miroir des pécheurs , Pierre Michault(i466) son Doctrinal de Court; toutes les pièces volantes sont composées avec ces formules ; Jehan Bouchet etGringore vont leur donner un nouvel £dat. La jeunesse de notre poète avoit été bercée par les tirades d'Alain Chartier, de Christine de Pisan , de Jehan Le Fèvre (le Respit de la mort), de Guillaume de Guilleville (le Roman du pèlerin), de Jehan du Pain, du Bourbonnois (le Champ vertueux de bonne vie). J'ai déjà indiqué que c'est celui-ci , l'un des meilleurs du reste, qui a exercé le plus d'influence sur cette partie du talent de Coquillart ; il ne sera pas inutile de citer comme point de comparaison ces quelques vers qu'il met dans son Champ vertueux à la louange des clercs es lois :

Clercs ont la langue envenimée De faulce parolle fardée ; Avarice leur est adextre ; Robes ont d'envie herminées, Housses d'ypocrisie fourrées , Chappeaa de paresse en la teste ; Leurs maisons sont d'yre parées, D'orgueil et de gueule fondées ; De -luxure font. leur, digeste, «tç. -

t. Ramper* Rien ne prouve l'existence du mot ttfwW au XVe siècle, quoiqu'il soit très ancien dans le dialecte picard.

74 CO^UILLÀRT.

Le bonnet de dissimuler,

Le chappeau d'aigrement parier,

Cornette de faulce bricolle »,

On ne voit autres loups hurler

Ne semer autre parabolle.

Ne suivons plus d'Amour VescoUe*,

On B*jr&t ' que de tromperies:

La sàmsx est taHe parafe;

Les gnus juremens *, isenteries ;

Les statatz'y ce «ont joncheras;

L'Université, c'est malheur;

Les bedeaux 6 , lardons, mocqueries;

i . On appeloit fcràofe, au jeu de paume, tout coup mal lancé qui atteignent la muraille, et comptent pour les adversaires ; employé au figuré, comme il Test ici , il signifient un coup porté à faux , traîtreusement , un mensonge, tout ce qui sort de la voie droite et ordinaire.

2. Suit une énumération des divers actes, des diverses personnes qui ont rapport à la vie d'études d'un escolier, énumération symbolique dont le but est d'indiquer les mi* sères et les passions inhérentes à la vie du mondain, du galant, de Pescolier d'amour.

3. Lire, dans le sens que conserve encore le mot anglois lecture, instruire, faire un cours, une leçon.

4. Serments prêtés pour pouvoir exercer les droits conférés par l'obtention du grade.

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