‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 105 sur 157 · ELECTRE, ARCAS · texte numérisé non relu

ELECTRE, ARCAS

^tECTRE.

( à Arcas. )

1 1 vient ; rassurons-noiis. Pleine d'un juste eflVoî, le me plaignois d«jà qu'on me manquoit de foi ; Je craignois qu'un ami qui pour moi s'intërcssc N'osât plus. . . . Mais quoi ! seul ?

Malheureuse princesse, Ilélas l que votre sort est digne de pitié' ! Plus d'amis, plus d'espoir.

Quoi ! leur vpJne axftitié, A près tant de serments. . • .-

AILCAI.-

Non , n'attendez rien d'elle.

^MadatDte, en vain pour tous j'ai fait parler mon zèle s

l64 ELECTRE.

Eux-méma , 2i rejgret , ces trop pradeuts amis

S'en tiennent au secours qu'on leur avoit promift;

t Qu'Oreste, disent-Os, vienne par sa pnésence

Rassurer des anus armes pour sa yengeance.

Palamède, chax^ d'ëlerer ce Léros,

Promettoit avec lui de traverser les flots ;

Son fils, même avant eux, devoit ici se rendre;

C'est se perdre, sans eux qu'oser rien entreprendre ;

Bientôt de nos projets la mort seroit le prix. »

D'ailleurs, pour achever déglacer leurs esprits,

On dit que ce guerrier dont la valeur funeste

Ne se peut comparer qu'à la valeur d'Oreste,

Qui de tant d'ennemis délivre ces états,

Qui les a sauvés seul par l'efibrt de son bras.

Qui, chassant les deux rois de Coriothe et d'Athènes,

De morts et de mourants vient de couvrir nos plaines,

Hier , avant la nuit , parut dans ce palais ;

cet étranger qu'Égisthe a oomMé de bienfaits,

A qui le tyran doit le salut de sa fille,

De lui , d'itys , enfin de toute sa famille ,

Est un rempart si sûr pour vos persécuteurs.

Que de tous nos amis il a glacé les cœurs.

^u seul nom du tyran que votre ame déteste

On frémit ; cependant on veut revoir Oreste.

Mais le jour qui paroit me chasse de ces lieux :

Je crois voir même Itys. Madame, au nom des dienx,

Loin de faire éclater le trouble de votre ame,

Flattez plutôt d'itys l'audacieuse flamme ;

Faites que votre hymen se âiShre d'un jour :

Peut-être verrons-nous Oreste de retour.

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