‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 106 sur 157 · ELECTRE, I T Y S · texte numérisé non relu

ELECTRE, I T Y S

l^LECTRE.

Es des lieux où je suis, trop sûr de me déplaire, Fils d*Égisthe, oses-tu nxettre un pied te'me'raire ?.

ITYS

Bladame, pardonnez à l'innocente erreur Qui vous offre un amant guidé par sa douleur. D'un amoufrsbalheureux la triste inquîe'tude Me iaisoit de la nuit chercher la solitude.

Pardonnez^ si l'amour tourne vers vous mes pas :' Itys vous souhaitoit, mais ne vous cherchoit pas;

ELECTRE

Dans l'état où j/e suis, toujours triste, quels charmes Peuvent avoir des yeux presque «teints dans les larmes ? Fils du tyran cruel qui fait tous me^ malheurs^ Porte ailleurs ton amour, et respecte mes pleurs,

ITYS

Ah ! ne m*enviez pas cet amour, inhumaine f Ma tendresse ne sert que trop bien votre haine.

166 ELECTRE

Si Tanloar cqrendant peut désarmer un cœur, Quel amour fut jamais moins digne de rigueur? A peine je tous tîs, que mon ame épenhie Se livra sans réserve au poison qui me tue.

Depuis dix ans entiers que je brûle pour vous, ' Qu'ai-je fait qoi n'ait dû fléchir votre courroux? De votre illustre sang conservant ce qui reste. J'ai de mille complots sauvé les jours d'Oreste : Hoins attentif au soin de veiller sur ses jours , Déj^ plus dWe main en eût tranché le cours.

Plus accablé que vous du sort qui vous opprime, Mon anionr malheureux fait enoor tout mon crime. Enfin , pour vous forcer à vous donner à moi , Vous savez si jamais j'exigeai rien du roi.

Il prétend qu'avec vous un nood ÉBcré m'unisse ; Vb m'en imputn point la cruelle injustice :

An prix de tout mon sang je voudrois être à vous , Si c'étoit votre aven qui me fît votre époux. Ah ! par pitié pour vous, princesse in£)rtimée. Payez l'amour dltys par un tendre hjmcnée :

Puisqu'il iaut l'achever en descendre au- tombeau, Laissez-en & mes feux allumer' le flambeau.

Régnez donc avec moi ; c'est trop vous en défendre : C'est un sceptre qu'un jour Égiathè veut vous rend^b

ilECTAE.

Ce w^txt eit-il h mot, pour me le destmer ?

Ce sceptre est-il à lui , peur te l'osec donner ? C'est en vain qu'en esclave il traite ime princesse, Jusquli le redouter que le traître m'abaisse :

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