‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 107 sur 157 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Qu'il fasse que ces fen, dont il s*est tant promis, Soient moins honteux pour moi que l'hymen de son fils. Cesse de te flatter d'une espérance yaine :

Ta verta^e te sert qu'à redoubler ma haines Égîsthe ne prëtend te faire mon époux , Que pour mettre sa tête k couvert de mes coups ; Mais sais-tu que l'hymen dont la pompe s'apprête Ne se peut achever qu'aux dépens de sa tète?

A ces conditions je souscris à tes vœux ; Ma main sera le prix d'un coup si généreux. Electre n'attend point cet efiurt de la tienne; Je connois ta vertu : rends justice à la mienne. Crois-moi, loin d'écouter ta tendresse pour mol, De Clytemnestre ici crains l'exemple pour toi. Romps toi-même un hyinen où l'on veut me contraindre; Les femmes de mon sang ne sont que trop à craindre. Malheureux ! de tes vœux quel peut être l'espoir ? Hélas ! quand je pourrois, rebelle à mon devoir, Brûler un jour pour toi de feux illégitimes , Ma vertu t'en feroit bientôt les plus erands crimes. Je te haïrai moins, fils d'un prince odieux : Ke sois point, s'il se peut, plus coupable à mes yeux; Ve me peins pltis l'ardeur dont ton ame est éprise. Que peux- tu souhaiter ? Iiys, qu'il te suffise Qu'Electre, tout entière à son inimitié , Ne fait point tes malheurs sans en avoir pitié. Mais Qytenmestre vient : ciel ! quel dessein l'an^ne^ Te sers-tu contre moi du pouvoir de la reine ?.

l68 ELECTRE.

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