‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 111 sur 157 · CLYTEMNESTRE, ELECTRE · texte numérisé non relu

CLYTEMNESTRE, ELECTRE

CLTTEMNESTRS.

AiTfSX, loin de répondre aux bontés d'une mère. Vous bravez de mon nom le sacré caractère I Et , lorsque ma pitié lui fait un sort plus doux, Electre semble encor défier mon courroux !

Bravez-le ; mais , du moins , du sort qui vous accable K 'accusez donc que vous', princesse inexorable. Je fiécliissois un roi de son pouvoir jaloux ; Un héros par mes soins devenoit votre époux ^ Je voulois, par l'hymen d'Itys et de ma, fille , Voir rentrer quelque jour le sceptre en sa famille : Mais l'ingrate ne veut que nous immoler tQus. Je ne ôiat plus qu'un mot. Itys brûle pour vous ; Ce jour même à son oort vous devez être unie : Si vous n'y souscrivez , c'est fait de votre vie. ' Egisthc est las de voir son esclave en ces lieux Exciter par ses pleurs les hommes et les dieux.

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ELECTRE

Contre un tyran «t fier i juste ciiçl ! quelles annes ! Qui brave les remords peut-il craindre mes laimes? ^h ! madame, est-ce à vous d'irriter mes ennuis? Moi I son esclave ! Hëlas ! d'où vient que je la suis? Moi , Vesdave d'Égisthe ! Ah ! fille infortunée ! Qui m'a fait son esclave ? et de <{ui suis-je née? Étoit'ce donc à vous de me le reprocher?

Ma mère , si ce nom peut encor voua toucher, S'il est vrai qu'en ces lieux ma honte soit jurée. Ayez pttië des maux où vous m'avez livrée :

Précipitez mes pas dans la nuit.du tofnbeau ; Mais ne m'unissez point au fils de mon bourreau , Au fib de l'inhumain qui me priva d'un pare , Qui le poursuit sur moi , sur mon malheureux frère. Et de ma main encoie il ose disposer !

Cet hymen , sans horreur, se peut-il proposer? Vous m'aimâtes ; pourquoi ne vous suis- je plus dière ? Ah ! je ne voixs hais point ; et , malgré nia misère. Malgré les pleurs amers dont j'arrose ces lieux, Ce n'est que du tyran que je me plains aux dîenx. Pour me faire oublier qu'on m'a ravi mon père, Faites-moi souvenir que vous êtes iy&anièra.

CLTTEMVrSÏBE.

Que ,veuK-tu désoimaîs que je fasse*poiir toi , Lorsque ton hymen seul peut désarmer le roi ?. Souscris , sans munnurer , au sort qu'on te ptepare. Et cesse de gémir de la mort d'un l^ipre Qui, s'Q eût pu trouver un second IDoi|, T'Auroit sacrifiée à son ambition. ' *^

ACTK I, SCÈNE VI. i^t

ÏJb cruel qu'il étoit, bourreau de sa famille, Osa bieu , à mes yeux, faire ^rger nvi file.

ÏX.ECXRE.

Tout cruel qu'il étoit, il ëtoit votre ëpou^: S'il falloit l'en punir» madame, étoit-ce à vous? Si le ciel, dont lur lui la rigueur fut extrême, Réduisit ce héros à verser son sang même, Dix moins, en se privant d'un sang si précieux , Il ue le fit couler que pour l'ofirir aux dietoc. Mais vous, qui de ce sang immolez ce qui reste, Mère dénaturée et d'Electre et d'Oreste, Ce n'est point à des dieux jaloux de leurs auteb, \6us nous sacrifiez aU plus vil des mortels » . . .

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