ACTE IV, SCSlfE.ïV
m ne Test pomt, grands dieux ! P^é du sang dont il sort,
Il Test plus qu'il ne faut pour mériter la mort
Juste ciel ! est-ce ainsi que vous vengez un père ?
L'un tremble pour la sœur , et Tauti-e pour le frère î
L'amour triomphe ici ! Quoi ! dans ces lieux cruels ,
Il fera donc toujours d'illustres criminels !
Est-ce donc sur des coeurs livrés à la vengeance
Qu'il doit un seul moment signaler sa puissance ?
Rompez l'indigne joug qui vous tient enchaînés :
Eh ! ramour est-il fait pour les infortunés ?
Il a fait les malheuis de toute votre race :
Jugez si c'est à vous d'oser lui faire grâce.
Songez, pour mieux domter le feu qui vous surprend ,
Que le crime qui plait est toujours le plus grand :
Faites voir qu'un grand cceur que l'amour peut séduire
Ne manque à son devoir que pour mieux s'en instruire :
Ne vous attirez point le reproche honteux
D'avoir pu mériter d'être si malheureux.
Peut-être sans l'amour seriez-vous plus sévères.
Vous savez sur les fils si l'on poursuit les pères.
Songez, si le supplice en est trop odieux,
Que c'est du moins punir à l'exemple des dieux;
Mais je vois que l'honneur, qui vous en sollicite,
De nos amis en vain rassemble ici l'élite :
C'en est fiût; de ce pas \e vais les disperser.
Et conserver ce sang que vous n'osez verser;
Eti effet, que m'impoite à moi de le répandre ?
Ce n'est point malgré vous que je dois V^tiçepienditi
Crébillon. 1. 10
Stt8 fiLBCTKB.
Pour 'veagBt voi affronts j'ai fait ce qnâ fai po.;
Vais TOUS n'ayez point ùàt ce que vous arez dd.
tflECTRE.
Ali ! seignetir, arrêtez ; remplissez ma veogeance : Je sens de vos soupçons que ma vertu s'ofiènse. Percez le cœur dltys, mais respectez le mien i n n'est point retenu par un honteux lien^ Et qnoi^e ma pitié fasse pour le défendre Tout ce qu'eût &it l'amour sur le oceur le plus tendre^ Ce feu, ce même feu dont vous me soupçonnez, lioin d'arrêter, seigneur. ...
;pAi.AM£nE.
Madame, pardonnez; J'ai pênt-étre i vos jeus potkssé trop loin mon zèle : Biais tel est de mon coeur l'empresseaicpt fidèlew Je ne hab point Itys, et sa fière valeur Bourra seule aujourd'lini faire tout son mallieun Oreste est généreux; il peut lui faire graœ, J'y /consens : mais d'I^s vous connoissez l'audace; n défendra le sang qn'(Hi va faire couler :
Cependant il nous faut périr ou l'immoler, Et ce n'est qu'aux autels qu'avec qudque avantage Ou peut jusqu'au tyran espérer un passage.
La garde qui le suit, trop forte en œ palais,. Rend le combat douteux, encor plus le succès» Puisque votre ennemi pourroit encor saKS peine, Quoique vaincu, sauver ses jours de voire haine: Mais ailleurs, malgré lui par la fonle presse, - Vous le verrez bientôt à vos pieds renversé;