‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 148 sur 157 · ACTE Vf, SCENE IL â · texte numérisé non relu

ACTE Vf, SCENE IL â

I?on , je né te haia point : je serois inhumaine Si je pouveifl payer tant d'amour de ma haine.

iTts.

Je ne sais point ha! ! Comblez donc tous les vùeux

Du oœnr le plus fidèle et le plus amoureux.

Vous n'ayez plus de haine ! Eh bien ! qui vous arrête ?

Les antek sont parés, et la victime es^ prèle : '

Venez, sans difierer, par des nœuds étemels,

V9US unir k mon sort aux pieds des immortels.

É^the doit bientôt y conduire la reine;

Souffrez que sur leurs pas mon aipour vous cntraine :

On n'attend plus que vous.

AlSCTRE, « part.

On n'attend phts qofi moi !

Dieux cruels ! que ce mot redouble mon ef&oil

( haut. ) Quoi ! tout est prêt, seigneur ?

ITTS.

Oui, ma chère princesse,

ELECTRE

Hélas!

ITTS.

Ah ! dissipes cette sombre tristesse; Vos yeux d'assez de pleurs ont arrosé «es lieux : Livrez-vous à l'époux que VQua offrent les dieux. Songez que cet hymen va finir vos misères ; Qu'il vous fait remonter au trône de vos pères; Que lui seul peut briser vos indignes liens, Et terminer les maux qui redoublent les miens. -

ss4 . £ L B C T R E.

L» plus grand de mes soins, dans l'ardeur qvà m'anime, Est d8 vous anraclier sa sort qui toos opprime. Myoànes vous déplaît : eU bien ! fen sortirai; Content da nom d'^poi;x, partout je tous suivrai. Trop heureux» pour tout prix du fèu qui xœ consumer Si je putf de vos pleurs adoucir l'amertume ! Aussi toucha que tous du destin d'un bëro^ « . ,

ELECTRE

Bâas ! que ne £ût-S le plus grané de mes maux }

Et que ce triste hymen où ton amour aspire

Cet hymeik . . . Non, Itjs, je ne puis y.aouaccire. J'ai promi»; cependant je ne puis Tach^tr.

Ton père est aux autels, je m'en Tais l'y trouver ; Àtteodii-moi dons c«s. lieux.

Et TOUS êtes sans haine !

Aux autels, quoi ! sans tHoî ? Demeurez, inhumaine : Demeurez-, ou bientôt d'u^ an^uit odieux Ma maia fisra couler tout le sang à vos yeux. Vous gvdieï donc ce prix à ma persévérance ?.

ÉLECTHE.

Ah 1 plus ta m'attendris, ^noin^ notre hymen s'avance.

[ T T s , •« jetant àiei genovx.

Quoi ! vous m'ahendonnez à mes cruels transports !

Que fais-tu« malheureux? Laisse-moi mes remords; Làife-toi : ce n'est point la haine qui me guide.

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