SCÈNE IL
ELECTRE, ITY S,
PEHÉTiié d'un malheur où mon cœur s'intéresse. M'est-il enfin permis de revoir ma princesse ? Si j'en crois les apprêts cpi se font en ces lieux, Je puis donc sans l'aigrir m'ofiVir à ses beaux yeux ! Quelque prix qu'on prépare au feu qui me dévore, Malgré tout mon espoir, que je les crains encore! Dieux ! se peut-il qu'Electre, après tant de rigueurs, Daigne choisir ma main pour essuyer ses pleurs ? Est-oe elle qui m'élève h ce comble de gloire ? Mon bonheur est si grand, que je ne le puis croire. Ah ! madame, à qui dois- je un bien si doux pour moi? Amour, fais, s'il se peut, qu'il ne soit dû qu'à toi ! JÈlectre, s'il est vrai que tant d'ardeur vous touche, Confirmez notre hymen d'un mot de votre bouche ; Laissez-moi , dans ces yeux de mon bonheur jaloux , Lire au moins un aveu qui me fait votre époux.
aaa ÉLECTKE.
Qnoi ! yoos les détournez! Dieux! cpidafteox silence!
Ma princesse, parlez ; Tx>ttS Êût-on violence ? -
De tout ce que je toîs que je me seos trouHer !
Ah ! ne me cachez point vos plenis prêts à couler.
Confiez à ma foi le secret de vos iannes;
N'en craifpaez rien : ce ccSnr, qaoiqu'^[»ris de vos chaoHcs,
N'abusera jamais d'un pouvoir odieux.
Madame, par pitié, totunez 7ers moi les jeux.
C'en est trop : ]e pénètre un mystère funeste;
Vous cédez au destin qui vous enlève Oreste;
Vous crojez désormais que pour vous aujourd'hui
L'unif ers tout entier doit pair avec lui.
Votre cœur cependant, k sa haine fidèle.
Accablé des rigueurs d'une mère, cruelle,
Au moment que je crois qu'il s'attendrit poor mot»
M'abhorre, et ne se rend qu'aux menaces du roi.
Fils d'Égisthe, reviens d'un soupçon qui me |>less6 ;
Electre ne connoît ni crainte ni foiblcsse ;
Son cœur, dont rieif ne peut abaisser la fierté»
Même au milieu des fers agit en liberté.
Quelque appui que le sort m'enlève dans mon frère.
Je crains plus tes vertus que les fers ni ton père.
Ne crois pas qu'un t^ran pour toi puisse en ce jour
Ce que ne poiuroit pas ou l'estime, ou l'amour:
Non , quel que soit le sang qui coule dans tes veines»
Je ne t'impute rien de l'horreur de mes peines;
Je ne puis voir en toi qu'un prince généreux
Que, de tout mon pouvoir,, je voudioia rendre heurcosb