SCÈNE VI
IBOMJÉNÉE» IDAMATNTE, SOPHRO^^YME.
idamAntz« Pà» votre ordre, seigneur. .. .
Dieux I qu'est-ce que je voi?
IDAMÀNTE.
CNieSes horreurs ici répandent t^t d'effroi ?
Quels regards ! D*où vous vient cette sombre tristesse ?
Quelle est en ce moment la douleur qui vous presse ?
Du temple dans ces lieux aujourd'hui de retour,
Égësippe, dit-on, s'est fait voir k la cour.
Le ciel a-t-â parle ? sait-on ce qu'il exige ?
Est-ce un ordre des dieux, seigneur, qui vous afflige?
Savons-nous par qud crime. . . .
IDOMÉNÉE
Un silence crue!
-Avec le crime encor cache le criminel.
Ne cherchons point des dieux à troubler le silcnrc; Assez d'autres malheurs e?prouvent ma constance. . . . Ah î mon fils , si jaihais votre cœur gcnercux A partagé les maux d'un père mallieurenx , Si yous fûtes jamais sensible h ma disgrâce , Au trône en ce moment daignez reroiilir nin place*
ACTKII,SCÈNEVL 3i
IDAMANTE.
Mo!,seigneiir?
iDOMf siée; I Oui , mon fils : mon cœur reconnoissant Ne veut pomt que ma mort vous en fasse un présent. Je sais qlie c'est un rang que votre cœur dédaigne ; Mais qu'importe ? Il le faut . . . régnez. . . .
lOAMANTE. ^
Moi, qpe je .règne, Et que J'ose à vos yeox me placer dans un rang ^ù je dois .voos défendre au prix de tout mon sang ! A cet ordre , seigneur , est-ce à moi dfc* souscrire ?, Ciel ! est-ce à' TOtre fils à vous lavii; l'empire ?
inOMEKlÊE.
Régnez , mon fils , régnez sur la Crète et sur moi ; Je le demande en père, et vous l'ordonne en roi. Cher prince , à mes désirs que votre cœur se rende : Pour la dernière fois peut-être je commande.
IDAMABTE.
Si votre nom ici ne doit plus commander , Ti'attendez point, seigneur, de m'y voir succéder. • Et qui peut vous forcer d'abandonner le trône ?
IDOMÉKÉE.
Eli bien ! régnez , mon fils. . . . c'est le ciel qui l'ordonne. . ..
IDAMARTE.
Ec ciel Kti-méme^ hélas ! le garant de ma foi , l4! ciel m'ordonneroit de détrôner mon roi !
I € tout ce que j'entends que ma frayeur redouble ! Ab ! par pitié, seigneur, cdaîrcissez mon trouble ;
EHssipez les horreurs d'un si trûte entretien ï Est-il dans votre cœur des secrets pour le mien ? Parlez, ne craignez point d'augmenter mes alarmes ; C'est trop se taire. ... Ah ciel ! je vois couler vos larmes! Vous m^ cachez en Vain ces pleurs que j'ai surpris. Dieux ! que m'annoncez-vous ? Ah seigneur ! . . . .
IDOMENfE.
Ah mon fils !
Voyez où me réduit la colère céleste. . . .
Sophrohyme, fuyons cet entretien fimestc. . . •
IDAMANTE,
OÙ fuyez-Tous, seigneur ?
Je vous fuis à regret , Mon fils; vous n^en saurez que trop tôt le secret.