SCENE L
ÉRIXÈNE, ISMÈr^E.
ISMÈNE
Jljnfis rAmouT soumet aux channes d'Érixonc L'objet de sa tendresse et l'objet de sa baiue. Vous triomphez, madame; et vos fiers ennemis Bientôt par vos appas se verront désunis.
' Quel triomphe ! peux-tu me le vanter encore, Quand je ne puis domter le feu qui me dévore? Après ce que mon cCéur en efprouve en ce jour, Du soin de m£ venger dois- je charger TAmour ? En me livrant le fils s'il fiattoit mA colère. Je ne l'implorois pas pour me vefager du père.
Tant qu'aux loLs de l'Amour mon cteur sera soumis. Que dois-je en espérer contre m^s ennemis?
ISMÏINE.
y eus pouvez donc, madame, employant d'autres arnae», Punir sans son seeours l'auteur de tant de lannes. Puisque le juste ciel , de concert avec vous , Semble sur vos désirs mesurer son courroux.
IDOMÉNÉE. ACTE III, FCÊNE I. 35 Tout Yoiu lÎTre à Tenvi le fier Idoméaét !
Par un arrêt des dieux sa tête est condamnée; L'orade la demande, et ce funeste jour Va le punir des maux que vous fit son retour. Si vous voulez vous-même, achevant sa disgrâce, H&ter le coup affreux dont le ciel le menace. Répandez le secret qui vous ejt dévoilé ; Et qu'Ég^ippe en vain ne Tait point revélé.
Du prince votre père ami toujours fidèle, Vous voyez à quel prix il vous marque son zèle : Imitez-le, madame, et qu'un sang odieux Par vos soins aujourd'hui se répande en ces lieux. De l'intérêt des dieux faites votre veugeauce, Et d'un peuple expirant faites-en la défense ; Montrez-lui sou salut dans ce terrible arrê^ : . Lui, vous, les à^eva. enfin, n'avez qu'un intérêt. . . . D'où vient que je vous vois interdite et tremblante ? Craignez-Vous d'exciter les plaintes d'Idamante ? ^
lÊRixiiN £.
Uelas ! si près des maux où je vais le plonger, Un seul moment pour lui ne ptUs-je m'afEigcr ? Que veux-tu ? je frémis du spectacle barbare Que mon juste courroux en ces Heux lui préparc ; Je sens trop, par les pleurs que je verse aujourd'hui, Quelle est l'horreur du coup qui va tomber sur lui. 'lu sais que pour le roi son amour est extrême.
ISMÈHS.
Il ne vous reste plus que d'akner le tf>i même. Qu'entends- je ? De vos .pleurs importunant les dieux, I Vos plaintes chaque .jour font retentir ces lieux;
36 IDOMËNÉE.
Et quand le cid prononce au gré de vdtre envie, Vous n'osez plus poursoivre une odieuse vie ! Songez , puisque les dieux vous ouvrent leurs secrets » Qu'ils vous chargent par-là du soin de leurs décrets. Et qu'auriez- vous donc fait, si /trcMDpant votre attentai L'oiade eût demandé la tête d'Idamante-, Puisque vpus balancez. ...
A quoi bon ces transports?
Je conçois bien , sans toi , de plus nobles efibrts. Malgré tout mon amour , mon devoir est le même : Mais peut-on sans trembler opprimer ce qu'on aime ? Un je ne sais quel soin me saisit malgré moi , Et mon propre courroux redouble mon effroi.
|Ye crains rien cependant; mais laisse sans contrainte A des coeurs malheureux le secours de la plainte. Je n'ai point succombé pour avoir combattu , Et tes raisons ici ne font point ma vertu. . . . £^ésippe en ces lieux se fait long-temps attendre;
:. SCÈNE ii:
ÉRIXÊKE, ISMÈNE, ÉGÉSIPPE.
1ÊG1ÊSIPPE. I
Madame, pardonnes : j'ai dû plus tôt m'^ rendre; I Mais un ordre pressant, que je n'attendois pas, Malgré moi loin de vous avoit porté mes pasw C'en est fait , le tyran échappe à notre haine. Hâtons notre vengeance , ou sa faite est certaine ;