‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 37 sur 157 · ACTE IV, SCÈNE U · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE U

Ouvrez vos yeux, cruel I et voyez quel spectacle A mis à son amour un iovincible obstacle.

Son crime dans ces lieux est partout retrace' ; Le sang qui les a teints n'en est point effacé. Là, mon père sauvant vint s'offrir à ma vuCf Et tomber dans les bras de sa fille éperdue : Vos yeux, comme les miens, l'ont vu sacrifier j; Faut-il d'autres témoins pour me justifier ?

Tout ce que j'ai tenté pour m'immoler sa tête. L'oracle révélé, mon départ qui s*appréte, Ma fierté, ma vertu, cent outrages récents, Yoilà pour mon devoir des titres suffisants.

He croyez pas, seigneur, que mon cœur les oublie i . . . Mais que dis- je ? et d'où vient que je me justifie ?. . . Gardez tous vos soupçons : bien loin de les bannir, Je dois aider moi-même à les entretenir.

inAMABTE.

Eb bicni ! pour m'en punir, désonn^is moins sévèrs. Regardez sans courroux la flamme de mon père : n vous aime, madame, fl est digne de vous. Si j'ai fait éclater des sentiments jaloux , Pardonnez aux transports de mon ame éperdue : Je ne connoissois point le poison qui me tue. Mais, quel que soit l'amour dont je bnMe aujourd'hui Ma vertu contre vous deviendra mon appui :

Je verrai , sans regret , parer du diadème Un front que mon amour n'en peut orner lui-même. Remontez dès ce jour au rang de vos aïeux :.

Votre vertu, madame, appaisera les dieux.

Que ne pourra sur eux une reine si helle ?

Pour moi , jusqu'à la mort toujours tendre et fîdele ,

J'irai sans murmurer , loin de lut , loin de tous ,

Sacrifier au roi mon bonheur le plus doux. . . .

Mais on vient. . . C'est lui-même. H vous cherche , madame^

Dieux ! quel trouble cruel s'élève dans mon ame !.. :

Vous ne partirez point, puisqu'fl veut vous revoir :

Vous régnerez. . . . O ciel ! (fuel est mon désespoir !

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