‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 62 sur 157 · ACTE II, SÇÊIÎE IL. io · texte numérisé non relu

ACTE II, SÇÊIÎE IL. io

PrH de ces noirs détours que la rive infernale Forme à replis diyers dans cette île fatale , J*ài cru long-temps errer parmi des cris afireux Que des mânes plaintiû poussoient jusques aux cieuz; Parmi ces tristes voix , sur ce rivage sombre , J'ai cm d'JErope en pleurs entendre gëmir lombre ; Bien plus , j'ai cm la voir s'avancer jusqu'à moi, Mais dans un iq>pareil qui nïe glaçoit d'effro». « Quoi ! tu peux t'arréter dans ce séjouf fifneate ! Suis-moi , mVt-elle dit, infortuné Thyeste. » Le spectre , à la lueur d'un triste et noir flambeafi , A ces motB m'a traîné jusque sur son tombeau. J'ai frémi d'y trouver le redoutable Atxéei, Le geste menaçant et la vue ^guée, Plus terrible pour moi, da^s cçs cmjçl^ moimentSi Que le tombeati , le spectre et «es ^émissemenu. J'ai cru voir le barbare entouré de Furies :

Un glaivie encor fumant armoit ses ^aias impies ; Et , sans être attendri dç ses cris douloureux , Il sembloit d^na son sang plonger un. malhcj^reux. JErope à cet aspect , pla^tivc et dcsçlçe , De ses lambeaux sattglants à sp^es yeux s'çs^ voi\ç|p; Alors j'ai fait, pour fiiir , des efTorts unpui&sXnts ; L'horreur a suspendu Tuça^ç de m^ secs :

A mille afireux ol\jets Toipe entière lintée.» Ma frayeur ir'^ jet^ sa^ force auj| pieds 4'Atréç. Le cruel d'une ^)ain sexob^oit m'ouvrir le 4,aixc , Et de l'autre à loi^gs trjQiits ^pni'abreuvçr dci mçu san^ T^ flambeau s'cjit ç^jif^t , l'ombr^ ^ jpercc la terre , ri le songe 9 fini par un coup de tounene.

toi ATRÊE ET THYESTE;

THÉODAMIE.

D'un songe si cruel quelle que soit l'horreur, Ce fantôme peut-il troubler Totre grand cœur ] C'est tue illusion. . . .

TBTE8TK.

J'en croirois moins un songe.

Sans les ennuis sScrets où ma douleur me plonge : J'en crains plus du. tjian qui règne dans ces lieux , Que d'un songe si triate , et peut-être des dieux. Je ne connois que trop la fureur qui l'entraîne.

ZBÉODAMIE.

Yous oonnoîssez aussi les yertus de Aisthine. . . .

TBTESTE.

Quoiqu'il soit ne' d'un sang que je ne puis a'imer , Sa générosité me force à yestimer.

Ma fille , à ses vertus je sais rendre justice : Des fureurs du tpt^n son fils n'est point complice. Je sens bien quelquefois gue )e dois le haïr; Mais mon cœur sur ce point a peine à m'obëir. liâas ! et plus je vois ce généreux Plisthène , Plus j'y trouve des traits qui désarment ma baîne. Mon cœur , qui cependant craint de lui trop devoir , Ni ne veut ni ne doit compter sur son pouvoir. Quoique sur sa vertu vous soyez rassurée , Je suis toujours Thyeste , et lui le fils d'Atrëe. . . . Je crois voir le tyran ; je vous laisse avec lui.' Ma fille , devenez vous-même notre appui ;* Tentez tout sur le cceur de mon barbare frère : Songez qu'il faut sauver et vous et votre père.

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