‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 74 sur 157 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ATHÉE, EURISTHENÊ.

Atréé; ■

J1<!7FXN, grâces atix dieux, je tiens éti ma ptiîssancil? Le perfide ennemi que poursuit ma vengeance : On l'observe en ces lieux , il ne peut ëcliapper ; La main qui Va sauve ne sert qu'à le tromper. Yen^eons-nous ; est temps que ma colère ëdate : Profitons avec soin du moment qui la flatte ; Et que l'ingrat Thyeste éprouve dans ce jour Tout ce que peut un taœur tralii dans son amoïkr;

EURISTHÈ5E.

Eli ! qui VOUS répondra que Plistliène oltéisse. Que de cette vengeance il veuille être complice ? I^e vous souvient-il plus que, près de la trahir^ fl n*a point balancé pour vous désoi>éir?

ATRl^E.

H est vrai qu*au refus qu'il a fait de s'y rendre ïe me suis vu contraint de n'oser l'entrepren^, D'en difierer enfin le moment malgré moi.

Mais qui l'a pu porter à me manquer de foi ^

ATRÉE ET THYESTE. ACTE III, SCÈNE L 1 1») Tï'avoît-»!! pas juré de setvir ma colère?

Tant de soîns'redoublës pour la fille et le pire Ne sont-ils les effets que d'un cœur ^nëreux? Non , non : la source en est dans un cœur aittoiireiixj Tant d'ardeur à sauver cette race ennemie Me dit trrp que Plisthène aime Théodamie; Je n*en puis plus douter : il la voit chaque jour ; Il a pris dans ses jeux ce détestable amour.

Et je m'ëtonre encor d'une ardeur si funeste { Que pouToit-il sorùr d'iErope et de Thjeste, Qu*un sang qui dût un jour assouvir mon oourronz?i Le crime est fait pour lui , la vengeance pour noIiSk Livrons-le aux noirs forfaits où son penchant le guide ; Joignons à tant d'horreurs Vhorrenr d'un parricide. Puis<je mieux me venger de ce sang odieux, Que d'armer contre lui son forfait et les dieux ? Heureux qu'en ce moment le c iimc d» >. M i anh ène Me laisse sans regret au courroux qui m'entrailt«i. Qu'il vienne seul icL

SCÉ?tE lî.

ATHÉE, tcal.

Le soldat écarté Permet ^ ma fuieor d'agir en liberté.

De son amour pour lui ma vengeance alarmée Déjà loin de Chalcys a dispersé l'année :

Tout te que ce palais rassemble autour làe moi Sont autant de sujets dévoués à leur roi.

ii8 ATRÉE ET THYESTE.

Mais pourquoi ooHire un traître exercer ma puissance? Sou amouB m» répond de «on obéissance.

Par un coup si croel je m'en vais réprouver ; Et de si prj» ancor je m'en Tais l'observer»

Que, malgré tous ses soins, ma vengeance aasm-^ Lavera par ses mains les injures d'Atréei

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