SCÈNE L
PLISTHÈIÏE, THESSANDRE.
THE88AVDBE.
Uir oourez-voQs, seigneur? qu'allez-yotu entreprendre?
PLISTÇilTE.
D*iui OGenr ati déiespoir toat ce q#on peut attendre.
THESSANnRE.
QueHe est donc la fureur dont )ë vous vois eprû ? Ciel ! dans quel trouble affreux jetez-vous mes esprits ! D'où naît ce désespoir que cjiaque instant irrite ? Pour qui préparez- vous ces vaisseaux, cette fuite ? Quel intérêt enfin arme ici votre bras , Et ces amis tout prêts \ marcher sur vos pas ? Parlez, seigneur : le roi , désormais plus sévère. . . .
PLISTBÈlfE.
Glu*avois-je fait aux dieux pour naître d'un tel pore ?
O devoir , dans mon cœur trop long-temps respecte ,
Laisse un moment l'amour agir en liberté.
l^es rigoureuses lois qu'impose la nature
Ke sont j^lus que des droits dont la veitu murmure;
ATRÊE ET THYESTE. ACTE IV, SCÈNE ï. i si) Secrets persécateun. des oGsura nés vertueux , Remords-, qu'exige^Tous d'nn amant malheureux?
THESSANDftZ;
Que dites-Tous, seigneur? quelle douleur tous presse?
PLISTHisE.
lliessandre, il faut périr, ou sauver ma princesse.
THESSAVDRE.
La sauter ! et de qui ?
plisthène;
Du roi, dont la fureur Va lui plonger peut-être un poignard dans le cœur; C'est pour la dérober au coup qui la menace Que ie n'écoute plps qu'une coupable audace.
T^on , cruel , ce n'est point pour la voir expirer Quç du plus teodre amour je me sens inspirer: Croirois-ti^ que du roi la haine sanguinaire A voulu n)e forcer d'assassiner son frère ; Que, pour mieux m'obliger à lui percer le flanc, De sa fille, au refus, il doit verser ht sang? Ah ! )c me aexa saisir d'une furc^ir nouvelle. Courons, pour la sauver, où mon honneur m'appelle: Mais où la rencontrer? Eh quoi ! les justes dieux M'ont-ils déjà puni d'un projet odieux?
Que fait Thyeste? Hélas I qu'est-ette devenue? Qui peut dans ce palais la soustraire à pia vue ? Je frémis. . . . Retournons les chercher en ces lieux. Les en sauver, Thessandre, ou périr k leurs yeux. Allons : ne laissons point , dans l'ardeur qui l'animet Un cœur comme le mien réfléchir sur un crime ;
j3o TRÊE ET THYBSTIl:
étouffons des ntoatdn que )*aTois àd psérov»
Lorsque ]t n'attends rien que de mon désespoir. Suis-moi ; c*est trop tarder, et d'un pëiil extrême On doit moins balancer k sauver ce qu'on aime.' Ce n*est point un forfait ; c'est imiter les dieux, Que de remplir son cœur du soin des màUienreux.'