‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 94 sur 157 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ATRÉE,PLISTHÈNE,Ga»dxi.

Demeure, digne fils d'^Eropc et de Thyefete; Demeure, reste impur d'un sang que je déteste.- \ Pour remplir de tes soins le projet important. Demeure : c'est ici que Thyeste t'attend ; Et tu n'iras pas loin pour rejoindre, perfide ^ Les traîtres qu'en ces lieux arme ton parricid*;

ACTE V, SCÈNE III. . 145 Prince indigne du jour, yoîlii donc les effets Que d^as ton ame ingrate ont produits mes bieùfaits ! A peine le destin te redonne à ton p^ , Que ton cœur aussMt en prend le caractère ; Et plus ingrat que hii , puisqu'il me.deroit moins , L'anentat le plus noir est le prix 4e mes soius. Va , pour le prix des tiens , retrouver tes compHces ; Va périr avec eux dans l'honeur des supplices.

flISTHÈNE.

Pourquoi me supposer «n indigne forfait ?

Çst-ce pour vos pareils que le prétexte est fait ? Vos reproches honteux n'ont rien qui me surprenn« , Et je ne sens que trop ce que peut votre haine. Aurois-je prétendu, né d'un sang odieux, Vous être plus s^crë que n'ont été les dieux ? A travers les détours de votre amc parjure , J'entreyois des horreurs dont frémit la nature. Dans la juste fureur dont mon cœur est épris. . . . Mais non , je me souviens que je fos votoe fib. Malgré vos cruautés , et malgré ma colère , Je crois encore id m'adrssser à mon père.

Quoique trop assuré de ne point l'attendrit.

Je sens bien que du moins je ne doGs point l'aigrir, Dans l'espoir que ma mort pourra vous satisfaire , Que vous épargnerez Votre malheureux irère»

Le crime supposé qu'on m'impute amjourdliilî, Tout, jusqu'à son départ, est uU secret potor hû. Sur la £>i'd'uue paix si saintement jurée.

Il se croit sans péril entre les mains d'Atréir:

I rU ATRfi.E ET THYESTE;

J ai pénètre moi seul au fond de votre oœar, Et mon malheureux père est encor dans rerreor. Je ne voiu parle point d'une jeun^ princesse ; A la faire pair rien ne vous intéresse.

ATREE.

Va , ta prétends en Taîn t*éclaircir de leur sort ; Meurs dans ce doute afireux , plus cruel que la mort! ]>e leur sort aux enfers va chercher qui t'instruise. Où l'on doit l'immoler , gardes , qu'on le conduise ; Venez à ma fureur ce sang abandonné , Et songez à remplir l'ordre que j'ai donné.

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