AN X
SUR CP.ÉF. ILLON.
X ROSPER JOLYOT DE CrkbilLOK naquit à
Dijon, le i3 février 1G74, de Melchior Jolvot greifier en chef de la chambre des comptes de cette' ville, et de Geneviève Cagnard , fille dun lieutenant-général de Beaune.
'On Ignore le détail de ses premières années; on sait seulement qu'il fit ses humanités au collège des jésuites de Dijon (i), et son droit à Besancon; il fut ensuite reçu avocat an parlement. Son père qui vouloit lui faire avoir sa charge, le mit à Paris' chez un procureur. Celui-ci , homme desprit ; fils d un nommé Prieur, à qui Scarron a adressé une
(i) Labbe dUlivet racoutoit que, parlant avec CrébiUon de leurs premières classes, il lui dit que les jésuites «voient coufume d exprimer par des épitheles , sur la liste de leurs ecohcrs a coté de chaque nom, lem-s bonnes et mauvaises qualités. Crébillon parut curieux de savoir queUes epithetes ou Jui avoit données : l'abbé d'OIivet m Proposa pour sati.ia.re sa cuiio.icé , d'écrire au célèbre F. Oudm, a Di.ou: Crébiaon y consentit. Le V O^di^î/o^su^ta les catalogues. Après Prosper JoJyot de Crebihon .1 trouva ces mots, Puer ing.niosus , sed ins^gnis n.bmo; enfant plein desprit, mais urx franc polisson. Le P. Oudin l'écrivit a l'abbé dO.ivet, qui lut la repense du jésuite en pleine académie , avant que la séance commençât. Crébillon éclata de rire à la dernière quabilcationi il éioit enchanté de cette découverte, -t la racontoit a tout le monde.
épître) s'apperçnt bientôt des dispositions de Crébilloapour le théâtre, loi conseilla d'entreprendre une tsa^^-ïdie. Crébillon, qni n'avoit d'autres garants de son talent pour la poésie que quelques chansons , qu'il ne prisoit guère, se révolta d'abord contre cette pTopositioii : mais le procureur vint à bout de le persuader; et le poète choisit pour son coup d'essai le sujet de la mort des enfants de Brutus. Il présenta la pièce aux comédiens, qui la réinsèrent.
Désespéré de l'affront qu'il croyoit avoir reçu des comédiens, Crébillon ne rentra chez son procureur que pour se plaindre, et jura de ne faire de vers de sa vie. Prieur essuya d'abord le premier feu; puis, aidé de l'impulsion secrète qui pnrtoit ce poëte vers le théâtre , il le ramena insensiblement à commencer une autre pièce. Ce fut Idoménée, représentée, pour la première fois, le' 29 décembre 1703, et reçue assez favorablement. Le dernier acte cependant ne fut pas goûté à la première représentation; Crébillon en fît un autre, qui fut composé, appris, et joué en cinq jours : c'est l'acte qui est resté.
II donna Atrée en 1707. Son procureur, alors fort malade, se fit porter à la première représentation; et Crébillon étant allé le voir dans sa loge, à la fin da spectacle , Prieur lui dit en l'embrassant ; «Je mears content; je vous ai fait poète, et je « laisse un homme à la nation. »
Melchior Jolyot n'étoit pas aussi satisfait que Prieur de ce que son fils étoit poëte. Dès Idoménée il en avoit marqué son mécontentement ; et le succès d' Atrée ne l'avoit pas ramené sur cet article. Le père et le fils se brouillèrent donc; mais ce qui, selon toute apparence, contribua encore plus à entretenir cette désunion, c'est que Melchior, ayant perdu sa femme, s'étoit remarié; et ce second ma-
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riage avoit fort déplu à son fils. Bailleurs, Cré- Ijiilon, né avec peu d'ordre dans ses afi'aires et beaucoup de goût pour la dépease, avoit fait eu Bourgogne différents voyages très onéreux à son père. Toutes ces causes réunies eutretinreut la mcsintelligence ; et une dernière circonstance acheva de les brouiller. Crébillon venoit de se marier saus consulter son père; il avoit épousé Charlotte Péaget, fille duu apothicaire de Paris, dont il étoit vivement épris : cet amour et la vertu de Charlotte remportèrent sur toute autre considération; mais le père, outré de cette alliance, déshérita son fils, qui ne s'en appliqua que plus à la poésie.
Sur la fin de l'année i 707 , Crébillon perdit son père. Ce dernier, avant que de mourir, avoit révoqué Te^hérédation, mais ce qui restoit fut vendu, ou mis eu décret. Crébillon ne trouva dans la perte de sa fortune qu'une raison de plus de chercher des ressources dans ses talents: il donna Electre en I 708 , et Pihadamisthe eu 1 7 1 1 .
Jusque-là les pièces de Crébillon s'étoient assez rapidement snccédées; mais ce poète aimoit le plaisir, et ses succès l'avoieat jeté daiis le plus graud monde: il ne pouvoit donc plus douner beaucoup de temps au travail. Ceux qui ont dit que, pour faire des vers, il étoit obligé de fermer ses fenêtres en plein jour , et d'allumer des b< >agies , ne l'ont pas counu. Il est vrai que quelquefois, en composant, il s'agitoit et se promenoit avec vivacité. Ou raconte que Duverney, célèbre anatomiste , logeant au jardin du roi, dont Crébillon recherchoit la solitude, loi avoit donné une clef des petits enclos qu'on y voyoit alors. Le poète travaiiloit à souRhadamisthe. Croyant n'être vu de personne, il avoit -quitté son habit, et, possédé de sa verve, il marchoit à pas
inéganx et prccipilés , et poussoit des cris effroyables. Vu jardiniei-, qui l'obseivoit, persuadé que c*ft auteur, qu'il ne conuoissoit pas, étoit ou ua insensé, on un homme chargé de quelque mauvaise affaire, alla sur-le-champ avertir Duvernev. Celuici accourut aussitôt, et rit beaucoup de la méprise du jardinier.
L'cclatant succès de Rhadamisthe couib]a de gloire sou auteur, à qtïi sa célébrité procura de très utiles amis. Tel fut, entre autres, le baron lloguer. Dans le poste qu'il occupoit alors en France, il auroit fait à CrcbiUon une fortune aussi solide que brillante , si celui-ci eût jamais pu songer à Tavcnir. Le régent lui-même, qui l'honoroit de sa boute, les frères Paris, d'antres personnes encore, ont vainement tenté de le rendre heureux de ce coté-là.
La tragédie de Xerxes parut en 1714, et ne fut jouée qu'une fois. Les comédiens voulurent en continuer les représentations, et la firent afficher pour le surlendemain. L'assenjblée fut nombreuse; mais Créb.Uon fut ine?iorable: jugeant son ouvrage aussi sévèrement que le public, il Je retira. Il n'a fait imprimer cette pièce qu'en même temps que Catiliua, et telle exactement qu'elle avoit paru au théâtre.
En 1715, Tailleur d'Electre et de Rhadamisthe fut pourvu de l'office de rec»^veur ancien et mi-triennal des amendes de la cour desaides, et en jouit jusqu'en 1721, que cet office fut supprimé. Crébillon étoit si peu occupé de sa fortune, qu'ayant un récépissé de 07,000 liv. , avec lequel cette charge lui avoit été remboursée, il le garda jusqu'à ce que ces sortes d'effets fussent, pour ainsi dire, comme proscrits; et alors il n'en trouva plus que deux cents pistolcs. Ayant gagné au système, il lui étoit resté un assez grand nombre de billets ; mais, également incapable
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de les garder, on de s'en faire des rentes, il les fondit peu-à-peu; et rien enfin ne lui resta, ni de son bien de patrimoine, ni de celui qu'il avoit acquis.
Sémlrnmis parut en 171 7. Avant que de composer cette dernière pièce, le poëte ayoit eu l'idée de la tragédie de Crorawell ; mais il n'en a jamais fait que la premiers scène, et la harangue de Cromwell en présentant l'infortuné Charles I au parlement pour être jugé. Peu de jours avant 3a mort, il les récita à quelques personnes; et comme on d?siroit de les écrire sous sa dictée, il remit à une autre fois. .Tamais depuis on n'a puTeogager à les réciter de nouveau.
Pendant les représentations de Pyrrhus , qui parut en 1726, Crébitlon commença sou (Jatilina. Le premier acte fut fait en moins de six semaines ; mais tant de raisons différentes l'empêchèrent de travailler à cette tragédie, qu'elle ne parut que vingt-deux ans après , c'est-à-dire à la fin de 1748. ■■
Au mois de septembre de l'année i 7 3 1 , Crébillon fut reçu à l'académie fraucoise , à la place de M. de laFaye, et lit envers son remerciement; ensuite "le récipiendaire récita le premier acte de son Catilina, que l'assemblée écouta avec une sorte de transport.
En 1735, Crébillon, déjà nommé censeur royal, le fut aussi pour la police. Le comte de Clermont lui avoit donné un logement dans le palais da petit Luxembourg, qu'il occupoit alors: ce même prince lui continua sa bienveillance jusqu'aux derniers moments de sa vie.
Cependant un homme qui faisoit honneur à la nation languissoit dans une obscurité peu éloignée de l'indigence. Peut-être étoit-ce de sa faute, car il étoit ti'ès timide quand il s'agissoit de demander.
lo NOTICE
Sans être né sauvage, il ainioit la solitade; et des goûts assez bizarres la lui rendoient encore plus chère. D'ailleurs il ne ponvoit pas suivre une affaire, quelque légère qu'elle fût. Avec cette négligence, et une sorte de crainte de se montrer, comment améliorer sa fortune? Au milieu de l'espèce d'oubli du monde et de lui-même, il travailloit de temps en temps à sa tragédie, mais avec tant d'indifférence , qu'elle n'eut peut-être jamais vu le jfmr si la marquise de Pompadour n'eût entrepris de ranimer une muse qui paroissoit totalement éteinte. Le désir qu'elle montra à Crébillon de lui Toir finir son Catilina, et les encouragements de toute espèce qu'elle lui prodigua, le tirèrent de sa léthargie. Catilina enhu, mis en état de paroître lorsqu'on ne l'espéroit plus, fut joué avec beaucoup de magnificence, le roi ayant voulu que tous les habits des acteurs fussent à ses fraisr Sa majesté avoit douné à Crébillon une pension de cent pistoles sur sa cassette , et une place à sa bibliothèque.
Le projet de l'auteur avoit été de mettre Catilina en sept actes, ne croyant pas pouvoir lui donner moins d'étendue. Il entroit dans son plan beaucoup plus de discussions politiques que n'eu peut admettre le théâtre, et il devoit y avoir aussi pins d'action. La scène du serment sur le sang humain, qui étoit dans son premier plan, et auroit été d'un effet si terrible, fut supprimée. Ce n'étoit pas que l'auteur ne sentit tout ce qu'il en pouvoit tirer; mais, pour la placer, il auroit fallu retourner tout son plan; et c'est à quoi il ne put se résoudre.
Comme c'étoit à ujadame de Pompadour que l'on devoit la tragédie de Catilina, ce fut sous les mêmes auspices qu'à l'âge de soixante et seize ans Crébillon commença le Triumvirat, âge où les
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plus grands hommes sout éteints. Il sentoit le tort que dans sou Catilina il avoit fait à Cicéroa, et vouloit, disoit-il, le réparer. Il avoit quatre-vingt un ans lorsqu'il donna celte tragédie.
Après le Triumvirat il en commença une autre tonte d'imagination; elle devoit être intitulée Cléomede. L'auteur n'a point fait de pièce où les événements tragiques soient plus accuuiulés qu'ils paroissoient devoir l'être dans celle-ci. Il n'en a fa."t que les trois premiers actes, qu'une main infide. e et servile lui a dérobés quelques jours avant !.a mort.
Crébillon avoit une façon singulière de travailler; jamais il n'a écrit le plan d'aucune de ses tragédies, si l'on eu excepte Xerxès, qui n'est assurément pas la mieux conduite. Son génie ne souffroit point d'entraves, et plus de niétliode l'aurolt gêné : il n'écrivoit mime jamais ses pièces que lorsqu'il feUoit les donner au théâtre, Quaad il présenta aux comédiens la tragédie de Catilina, on sait qu'il la leur récita tonte de mémoire. Si on lui faisoit quelque critique qu'il crût devoir adopter, l'endroit critique s'ei'acoit totalement de sa tête, il n'y restoit plus que ce qu'il y avoit substitué. Sa mémoire étoit prodigieuse; jamais il n'a rien oublié de ce qu'il avoit appris.
L'abondance de ses idées lui rendant celles des antres peu nécessaires, il lisoit peu dans ses dernières années, aimant à s'occnper de ce qu'on appelle cha fléaux en £spa^ne. Quelquefois, au lien de se perdre dans ses rêveries, il s'amusoit à composer dans sa tète des rouians à la façon de la Calprenede, dont il estimoit les productions ; mais comme il n'écrivoit jamais, il n'est rien resté de tout ce que lui offroit alors son imagination.
Depuis plus de cinquante ans Crébillon sétoit
adonné à fumer du tabac, et la quaulitë qu'il en fumoit en un jour paroîtroit incroyable à ceux qui ue l'ont pas connu : comme il ne pouvoit pas fumer par- tout, il n'allpit volontiers que chez les personnes qui lui accordoient cette liberté ; et c'est uae des plus fortes raisons qui le faisoient vivre dans la solitude.
Crébillon étoit grand, bien fait, a voit l'air noble, et un très beau caractère de tète, sur - tout quand il TaA'oit nue : il avoit les yeux bleus, grands, et pleins de feu; ses sourcils, quoique blonds, étoicnt fort marqués; il les fronçoit volontiers, ce qui lui donnoit quelquefois un air dur. Quoique né impatient, et même un peu colère, il étoit fort doux, et ceux dout il croyoit avoir le plus à se plaindre rentroient aisément en grâce auprès de lui. Il étoit très aisé à vivre, trop peut-être sur la fin de Sa vie , que le poids des années , le reteuant chez lui, Tavoit rendu peu difficile sur le choix de ses sociétés. Avec l'air sérieux, et même mélancolique, il avoit de la gaieté, et se permettoit des propos très badins, ou quelque chose déplus: mais il haissoit l'épigramme; et s'il lui en échappait quelquefois, elles étoient du ton de son esprit, c'est-àdire fortes et nerveuses. Il méprisoit la satire : «Ju- «gez à quel point elle est méprisable (disoit-il à un «jeune homme qui étoit venu lui lire un ouvrage u de ce genre), puisque vous y réussissez même à «votre âge », Aussi jamais n'a-t-il écrit contre personne ; et on le savoit si bien, que quand il récita ce vers, dans son discours à l'académie.
Aucun fiel n'a jamais empoisonné ma plume,
le public , par des applaudissements réitérés confirma la justice que se rendoit l'auteur.
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Crébillou étoit simple dans ses mœurs. Né sans vanité, il parloit rarement de lui-même, et n'a jamais pu supporter la louange eu face. Dans les derniers mois de sa vie, s'étant fait lire ses ouvrages, il n'en dissimula ni le* beautés ni les défauts , et se jugea enfin aussi impartialement qu'il jugeoit les autres, conservant jusqu'à la tin de sa vie uu sentimeut et un tact extrêmement sûrs.
Crébillon ne faisoit jamais de visites , et ue comprenoit pas, disoit-il, comment on pouvoit en faire. Rien aussi n'étoit plus difficile que d'obtenir de lui une réponse quand on lui écrivoit. Tous les petits devoirs de la société lui étoient onéreux; niais il avoit l'équité de ne se pas offenser qu'on s'en dispensât à son égard. La dissipation dans laquelle il vécut sur-tout ajjrés le succès de Rbadamisthe, son silence sur ses propres ouvrages, son ton dans le monde, fort éloigné de celui de ses écrits, la jalousie peut-être de quelques auteurs moins accueillis du public , ont fait dire très longtemps qu'il n'étoit que le prête-nom de ses oeuvres : comme on ne pouvoit les attribuer à aucun auteur connu, ce fut à un cbartreux qu'on jugea àpropos d'en faire les honneurs, et ce chartreux, disoit-on, étoit uu de ses parents. Ce bruit assurément étoit dénué de vraisemblance ; Crébillon ue connoissoit personne aux chartreux, et son goût pour la solitude ne l'avoit même pas conduit dans leur jardin trois foLs en sa vie ; mais il n'en éprouva pas moins pendant quelque temps que les bruits les plus mal fondés ne manquent jamais d'être accrédités par la méchanceté, et adoptés par la sottise. Quand on le vit rester sur Catilina, on répandit que le chartreux étoit mort, et que c'étoit la cause du silence de Crébillon ; lorsque cette tragédie parut , on n'eut pas la hardiesse de ressusciter le
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défunt, et la pièce resta à son véritable auteur.
Crébillon étant directeur de racadémieu eut deux fois l'occasion de haranguer le roi; et il lui parla avec une noble assurance.
Le roi faisoit à Crébillon une gratification annuelle de 600 livres, et uue pensioa de 400 livres S'ir ses bâtiments : c'étoit pour le dédoiuniager d'un logement qu'on lui avoit donné dans une de ces maisons de la cour du vieux Louvre, abattues depuis pour achever ce superbe palais. Sa majesté lui accorda encore une pension de 2000 livres sur le Mercure de ["rance.
Crébillon dormoit peu, et le plus- souvent à l'heure où les autres veillent: il etoit grand mangeur; mais les aliments les plus simples et même les plus grossiers étoient le plus de son goût : on ne pouvoit être couché plus durement. Ou lui connoissoit autrefois beaucoup d'amour pour les beaux meubles, et sur-tout pour la parure : qu'on se rappelle ce couplet de Rousseau:
Quel brillant liabit, Crébillon, etc.
A la façon dont on l'a vu à sa mort on n'auroit pas imaginé qu'il eût jamais attaché un si grand prix à toutes ces choses.
Tous les malheureux avoient des droits sur son cœur; les bctes mêmes, sur-tout si elles souifroietit, excitoient sa commisération.
Vingt aus avant sa mort QébilLon fat attaqué d'un érésypele aux jambes; mais ce mal ne parut d'abord point devoir inquiéter : t:;.'ppndant , sur la fin de décembre de l'année 1761 , étant dans une maison d'ami, il tomba dans ut e espèce de syncope qui parut annoncer une dangereuse maladie: en même temps les plaies de ses jambe» se fermèrent;
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mais CDmjne cet accident lui étoit déjà arrivé plus duue fois, et n'avoit rien amené de sinistre , le malade ne crut pas devoir s'en inquiéter ni clianger de régime ; sa santé parut même se raffermir assez pour faire espérer que cette maladie ne seroit pas sa dernière : et peut-être en effet ne l'eùt-elle pas été si Ion eût pu le résoudre à se ménager; mais, loin de s'assujettir au régime prescrit, il ne changea rien à une manière de vivre dans laquelle une longue habitude l'avoit confirmé , et qiie la force de son tempérament lui avoit jusque-là fait soutenir : aussi son état ne fît-il qu'empirer : et il mourut, après une agonie assez douce, le jeudi 17 juin i 762,3 neuiheures du soir, âgé de près de quatre-vingt huit ans et demi. Il fut inhumé dans l'église de Saiuf-Gervais sa paroisse, laissant un fils, à qui, sans les bienfaits du roi, il n'eût resté exactement que le nom de soa père, et sa propre réputation.