‹ Œuvres de CrébillonChapitre 104 sur 502 · SCENE y · texte numérisé non relu

SCENE y

ATRÉE, THYESTE, PLISTHENE, THÉODAMIE, ELIIYSTHENE, THESSANDRE, LÉONIDE.

ATRÉE, à Thyestc.

Rassure tes esprits :

D'une indigne frayenr je vois ton ame atteinte ; Thyeste , cbasse-s-en les horreurs et la crainte. Ne redoute pitis rien de mon inimitié Toute ma haine cède à ma j uste pitié. We crainà plus une main à te perdre animée ; Tes malheurs sont si grands qu'elle en est désarmée : Et les dieux, efïrayés des forlaits des humains , Jamais plus à propos n'ont trahi leurs desseins. Quelle étoit ma lureur I et que vais-je t'apprendre ! Ton cœur dé;a tremblant va trémir de l'entendre. Je le répète encor ; tes malheurs sont si grands, Qu'à peine je les crois, moi qui te les apprends.

{il Lui montre un ùillet d' Aerope.') Ce billet seul contient un secret si luneste... Mais, avant de l'ouvrir, écoule tout le reste. Tu n'as pas oublié les sujets odieux D'un courroux excité par tes indignes feux : Souviens-t'en ; c'est à toi d'en garder la mémoire : Pour moi , je les oublie ; ils blessent trop ma gloire. Cependant contre toi que n'ai-je point tenté ! 3 'en sens encor frémir mon cœur épouvanté. En vain sur mes serments ton ame rassurée Comptoit sur une paix que je t'avois jurée ; Car, dans l'instant fatal où j'attestois les cicux.

142 ATRÉE ET ÏHYESTE.

Je me jnrois ta mort , et j'imposois aux dieux.

.le n'eu veux pour témoin que ce même Plistliene,

Par de pareils serments qui sut tromper ma haine.

C'étoit lui qui devoit me venger aujourd'hui

D'un crime dout l'affront rejaillissoit sur lui ;

Et, pour mieux l'engager à t'arracher la vie,

J'en devois, au refus, priver Théodamie.

De ce récit affreux ne prends aucun effroi :

Tu dois te rassurer en le tenant de moi.

(à PUsthcne. ) Et toi, dout la vertu m'a garanti d'un crime, Ne crains rien d'un courroux peut-être légitime. Si c'est un crime à toi de ne le point servir. Quelle eut été l'horreur d'avoir pu l'assouvir î Enfin, c'eût été peu que d'immoler mon frère, Le malheureux auroit assassiné son père.

Moi, son pore !

AT R p E.

Ces mots vont t'en instruire. Lis.

(f/ lut donne la lettre d' Aerope,') T a y E s,TE.

Dieux! qu'est-ce que je vois? c'est d'Aerope. Ah !

mon fils?

La natuie eu mon cœur éclaircit ce mystère. 1 hyeste t'aimoit trop pour n'être point ton père. Cher Plisthene, mes vœux sont enfin accomplis.

PL I STH E N E.

Ciel ! qa'est-ce ^ae^ j 'entends.'' moi , seigneur, votre

iils!

Tout semhloit réserver, dans un jour si funeste, Ma main au parricide, et mon cœur à l'inceste. Grands dieux , qni "m'épargnez tant d'horreurs en ce

Dois-je bénir vos soins , on plaindre mon amour ?

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